• RENCONTRES

    les textes de base d'un spectacle, à la recherche de deux interprètes
    les dialogues ont été écrits pendant une semaine de "repos" avec l'ajout de quelques chansons (qui peuvent ne pas être incluses dans la pièce)

    RENCONTRES 
    (textes des dialogues de Bernard Pichardie, déposés
    les chansons sont déposées à la SACEM... les liens vers les maquettes des chansons se trouvent à la fin de l'article)
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    Prologue

    Rencontres 
    (coécrit avec Marie-Noëlle Pichardie 
    musique de Michel Veron)

    Partir
    Quitter l’enfance
    La délivrance
    Écrire

    Écrire
    L’écho pour lui plaire
    La beauté d’un mystère
    Offrir

    Offrir
    L’oiseau du bonheur
    Le vent de notre cœur
    Fleurir

    Fleurir
    Les jardins sous ses pas
    La rosée entre ses bras
    Rougir

    Rougir
    Sous les feux de l’amour
    De ses contours
    Choisir

    Choisir
    Sa peau dorée
    Son corps satiné
    Jouir

    Jouir
    Sous les caresses
    De son ivresse
    Partir

    Partir
    Vers le repos
    D’un jour nouveau
    L’avenir
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    Scène une

    H « Vous venez pour la première fois ici ?
    — De temps en temps, quand je le peux, et vous ?
    — Moi aussi, pratiquement toutes les semaines, j’adore ce lieu paisible.
    — C’est un endroit calme où l’on peut souffler. Regardez, les gens qui passent ont l’air serein. Même les enfants ne se chamaillent pas ou peu.
    — Je n’avais jamais pensé à ça ! Maintenant que vous le dites, j’ai l’impression que même les pigeons volent doucement !
    — Et la ville n’est pas loin ! Enfin, je veux dire que nous sommes presque dans le centre-ville, mais ici, la tranquillité règne. Il y a bien un peu de vent qui fait frissonner les feuilles des arbres, sans nous déranger.
    — J’appelle cet endroit mon petit coin d’oasis. Je m’y sens à l’aise et je viens tous les samedis matin pour prendre du bon temps à ne rien faire ou si peu. J’observe, j’écoute, je respire pendant une petite heure et je repars avec, dans mes bagages, du tonus pour une semaine.
    — Par manque de temps, je ne suis pas là souvent et je le regrette. Il faudrait que je m’organise mieux de façon à m’octroyer, comme vous, ce genre de pauses. 
    — J’aime m’assoir sur ce banc et pas un autre et si, quand j’arrive, il est pris, j’ai l’impression que ma halte va être gâchée.
    — C’est une manie de vieux garçon !
    — Ah bon ! Peut-être, mais je suis un demi-solitaire et pourtant je n’aime pas faire les choses à moitié !
    — Au moins, vous avez de l’humour. Ça doit bien servir pour draguer.
    — Mais, je ne drague pas ! J’ai une famille, femme et enfants et je suis fidèle.
    — C’est une voie en disparition.
    — Vous croyez ?
    — J’en suis certaine. C’est rare d’entendre un homme dire qu’il a une famille, surtout quand il est seul sur un banc dans ce parc.
    — Depuis que vous venez ici, vous réalisez des statistiques ? !
    — Pas du tout, d’ailleurs, je ne parle à personne, c’est vous qui m’avez posé la première question. Au début, je me demandais si vous n’aviez pas une idée derrière la tête. Je me suis vite rendu compte que vous aviez envie de faire la causette.
    — Exact ! Mais c’est uniquement parce que vous avez squatté mon banc préféré. Rassurez-vous, je ne vous en veux pas. Et vous, vous avez une famille ?
    — Oui, un mari, un amant, un ami. Mais c’est un trio en une seule personne !
    — Vous aussi, vous avez de l’humour. Et des enfants ? 
    — Non, je ne peux pas en avoir, mais j’ai une flopée de nièces et de neveux qui me rendent la vie pas trop fade… Pas fade du tout ! Heureusement, ils me permettent de combler mon vide en ce qui concerne ce manque qui me hante parfois.
    — Je comprends, disons que j’essaie en pensant à mes « petits » (je dis petits mais ils sont bien grands) qui me remplissent de vrais bonheurs au quotidien. Et votre mari ne souffre pas de cette situation ?
    — Non, quand nous nous sommes rencontrés, j’ai annoncé la couleur rapidement quand notre relation semblait bien partie. J’ai horreur de tricher ! Il fut de suite sur la même longueur d’onde avec moi. Je lui en serai toujours reconnaissante.
    — Je vois que l’heure tourne, je dois partir sinon, ma femme va appeler Police secours !
    — Je peux vous faire un mot d’excuse si vous le souhaitez !
    — Merci, mais je n’ai ni papier ni stylo.
    — Moi non plus !
    — À bientôt j’espère.
    — Oui à très bientôt. Euh, je ne connais pas votre prénom.
    — Justine, et vous ?
    — Sébastien. »
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    Scène deux

    F « Bonjour Sébastien, vous êtes là depuis longtemps ?
    — Bonjour Justine, depuis presqu’une heure, j’allais partir.
    — Ah ! je suis déçue.
    — Mais non, je viens d’arriver.
    — Vous m’avez fait peur, j’ai pas mal de courses à faire aujourd’hui mais je souhaitais vous voir.
    — C’est sympa, moi aussi je suis content de vous retrouver.
    — En passant par l’entrée principale, j’ai vu une belle affiche. Vous aimez les expositions ?
    — Un peu, mais je suis beaucoup plus cinéma et concert. Et vous ?
    — Pour les expos, ça dépend, pas les tableaux ni les sculptures. J’aime surtout les vieux machins, ce qu’on trouve dans les brocantes et qu’on peut retaper pour leur arracher une part de leur mystère et leur redonner une nouvelle vie. C’est mon mari qui furette dans les vide-greniers et chez les brocanteurs. Ensuite, je m’attaque à la remise en forme. Je suis assez théâtre et musique mais les places ne sont pas données. 
    — Moi, je suis assez branché pop, rock et blues, surtout les années 70 et 80 au grand désespoir de mes enfants qui souhaitent m’initier à leur passion pour le hip-hop, le reggae et bien d’autres styles. J’adore également la chanson à textes.
    — Je pense que vous avez comme moi la cinquantaine, et donc quelques références identiques. Je suis très éclectique et j’écoute les nouvelles générations aussi bien que les anciennes. Comme je dis souvent, il y a deux sortes de chansons, celles à textes et celles qui n’en ont pas, c’est-à-dire les instrumentaux !
    — Bien vu !... Belle journée aujourd’hui, je trouve que cet endroit rayonne, le soleil nous illumine et je suis persuadé qu’il rend les gens meilleurs, plus heureux.
    — C’est certain ! je vois aussi la différence quand je viens sous le vent ou la pluie et comme maintenant sous les rayons. Là, je me sens plus libre, plus joyeuse ; j’observe les sourires ou les mines attristées, les oiseaux graciles, les enfants fébriles. La plupart du temps, les gens se croisent sans se regarder.
    — Ma timidité m’empêche de les surveiller mais inconsciemment, j’enregistre les gestes, les attitudes et vous avez raison, en fonction de la météo les comportements varient du tout au tout. 
    — Au fait, vos enfants vivent chez vous ?
    — Non, pour les deux premiers. Ils gagnent leur vie. Le plus jeune termine ses études et préfère notre maison, le loyer y est beaucoup moins cher ! et pour vous ?... Ah, pardon ! C’est vrai que vous n’avez pas d’enfant. Excusez-moi.
    — Ce n’est pas grave, j’ai l’habitude !... Ici, la nature est quand même assez rétrécie.
    — Que voulez-vous dire par là ?
    — Quand je pars en congés, je vais plutôt à la campagne ou la montagne, les paysages sont superbes et je me sens bien, en communion avec l’environnement. Je découvre chaque année de nouveaux lieux où la beauté et la sérénité se côtoient. Mon mari est plutôt pêche et moi pendant qu’il se prélasse à l’ombre en surveillant ses lignes, je vagabonde, il m’est impossible de rester en place !
    — Nous aussi, nous partons loin de la ville, ma femme a hérité d’une petite maison où nous nous ressourçons et suivons des sentiers de liberté dans les sous-bois…
    — Hou lala ! je n’ai pas vu le temps passé, on se retrouve la semaine prochaine ?
    — Avec grand plaisir ! » 
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    Scène trois

    H « Bonjour Justine, vous allez bien ?
    — Oui merci, et vous ?
    — Impeccable, mais quelque chose me gêne et me choque.
    — Quoi ?
    — Le vouvoiement, on peut se tutoyer ?
    — J’y pensais en arrivant, nos conversations faisaient trop « collets montés ». 
    — Eh bien, voici un grand pas de franchi !... J’ai parlé de toi à ma femme, elle trouve que c’est sympa de t’avoir rencontrée.
    — Elle n’est pas jalouse ?
    — Pas du tout !... Elle a de son côté des amis avec qui elle sort sans moi, je ne me suis jamais posé la question de leurs relations, je sais que j’ai une entière confiance en elle.
    — Pour mon couple, c’est pareil. J’avais lu dans un recueil cette citation : « La confiance est le début de l’amour, la méfiance est la fin du parcours ».
    — Très jolie citation, je la ressortirai un jour.
    — Je ne sais plus qui est l’auteur, mais peu importe. Je me suis rendue compte que je ne connais pas les prénoms de tes enfants… ni de ta moitié !
    — Alors, ma moitié, s’appelle Véronique et mes enfants Sylvain, Cerise et Arnaud par ordre chronologique, Sylvain étant le plus âgé, 28 ans, puis 25 et 21 ans. 
    — Et vous ? euh ! pardon… Et toi, ton mari ?
    — Mon moitié se prénomme Jocelyn.
    — Ce n’est pas courant comme prénom et c’est rigolo que tu dises « mon moitié » !
    — Après tout, les mecs disent parfois, mais de moins en moins souvent, « ma moitié » en parlant de leur femme ou de leur compagne, alors, j’inverse les rôles !
    — Tu es une féministe et ça me plait beaucoup.
    — Je ne sais si j’en suis une, je suis pour l’égalité, il me semble donc que les combats à mener doivent être faits par les hommes et les femmes… « Tous ensembles tous ensembles Ouais ! »… 
    — Entièrement d’accord !...
    — Ce parc me rappelle un souvenir vieux d’une trentaine d’années. À l’époque, il n’y avait pas encore ce banc mais un peu plus loin, quelques chaises nous permettaient de nous asseoir et un monsieur faisait la tournée et donner un ticket pour une somme modique ; il était valable pour la journée. J’étais une jeune enseignante et je venais ici pour corriger des copies.
    — Tu ne m’as pas dit ta profession. Et tu continues à l’exercer ?
    — Oui, je suis prof d’histoire-géo et je continue même si parfois je trouve que tout a changé trop vite, les enfants et les ados sont souvent à la limite de la correction et leurs parents les soutiennent un peu trop quand ils sont en faute. Et toi, que fais-tu ?
    — Je suis dentiste. Mais dans ma profession, à part les évolutions techniques des appareils, pas de grands changements, mes patients ont toujours aussi mauvaise haleine !... Mais excuses-moi, je t’ai coupé.
    — Oui, voilà ce qui s’est passé. J’étais donc pas loin d’ici et tout-à-coup, j’ai levé les yeux des copies et j’ai fait une étrange rencontre. Un regard qui m’a percuté, un homme qui avait à peu près mon âge. Son regard m’a percuté et je pense que j’ai percuté le sien. Je me rappelle encore et toujours de ces quelques instants dont j’ai gardé la trace. 
    — Tu n’as pas cherché à le revoir ?
    — Si, mais je ne l’ai pas vu. Pendant des années, je me disais que je le retrouverai un jour, et puis mon mariage et ma vie avec l’homme que j’aime fait que je n’ai plus envie d’y penser, même si ces moments éphémères viennent régulièrement effleurer mes pensées. »
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    Intermède un

    Juste quelques secondes 
    (musique de Jean-Yves Chauchereau)

    Assise sur une chaise dans ce parc 
    où j’aime calmer mon errance quotidienne, je rêvais
    Je rêvais
    Je rêvais quand tout à coup ( parlé )

    On s’est rencontré
    Du bout des yeux
    Juste quelques secondes

    Des pigeons volaient
    Entre nous deux
    Nous étions seuls au monde

    Cachée derrière mes cils
    Je te suivais
    Tu me mettais en joue

    T’avais l’air fragile
    Tu souriais
    Habillé d’une moue

    C’était une rencontre
    Tout à fait dérisoire
    La course contre la montre
    Effaça ma mémoire

    C’était une rencontre
    Tout au bord du hasard
    La course contre la montre
    Effaça notre histoire

    Devant cette chaise
    Je passe parfois
    Espérant une trace

    Je n’ suis pas à l’aise
    Quand je revois
    Ce doux face-à-face

    Des pigeons volaient
    Entre nous deux
    Nous étions seuls au monde

    On s’est rencontré
    Du bout des yeux
    Juste quelques secondes

    On s’est rencontré
    Du bout des yeux
    Juste quelques secondes
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    Scène quatre

    F « Salut Sébastien, nous voici à nouveau réunis !
    — Salut Justine, une habitude s’est créée et je m’en porte très bien.
    — Tu t’emportes facilement ? !
    — Mais non, pas le verbe s’emporter !
    — Je sais, c’est juste pour te taquiner. Tu as vu tous ces gens qui font leur footing. Je n’aime pas courir, je préfère prendre mon temps en marchant.
    — Moi aussi, la transpiration m’est insupportable. Il y a ceux qui cherchent à perdre du poids, ceux qui foncent sans voir personne ou pour être vus dans la catégorie des frimeurs. J’ai constaté que ce sont toujours les mêmes qui passent et repassent à heure fixe. Il y a parfois des petits groupes, ceux-là ont une démarche plus conviviale d’aborder ce sport. Ils s’arrêtent pour attendre les retardataires à chaque tour et prennent le temps d’observer les fleurs, les oiseaux, les arbres. Il y a aussi ceux qui se retranchent complètement avec le baladeur ou le casque sur la tête, j’en ai vu un qui dictait des lettres à sa secrétaire !...
    — Je me demande comment on peut avancer dans la vie quand on cherche la vitesse. C’est aussi un moyen pour oublier les soucis ou la fadeur du quotidien.
    — Tu as raison, la course contre la montre, pour le travail… Toujours aller plus vite mais à la finale l’arrivée est la même pour tous.
    — Je suppose que tu parles de la mort.
    — Oui, alors je préfère déguster la vie par petite dose, tranquillement, sans excitations inutiles. C’est ma philosophie !
    — Tu es un sage
    — Pas vraiment mais en prenant de l’âge, je réagis différemment aux événements. Déjà quand je fais les courses, c’est doucement. Tiens, le mot course veut tout dire, certains les font au galop, comme les chevaux pendant les courses hippiques ! J’ai ma liste prête et je m’y tiens mais sans précipitations… comme par temps de pluie !
    — Moi, c’est l’averse, euh, pardon, l’inverse. J’ai toujours du mal à faire des prévisions alors je furète, je suis à la recherche de promotions et parfois, mes achats sont compulsifs et je m’en veux quand j’arrive à la maison et que mes sacs débordent de produits qui ne sont pas forcément indispensables.
    — Tu regardes les pubs à la télé ?
    — Souvent, elles nous envahissent et je ne supporte pas ce genre d’agressions. C’est pareil pour les affiches, je les trouve souvent ridicules. Tiens, regarde le monsieur qui se promène, il doit avoir pas loin de 90 ans.
    — Je suppose, je ne sais pas s’il fait son tour de piste tous les jours car je ne viens que le samedi.
    — Je l’ai aperçu plusieurs fois et pas que ce jour-ci.
    — Tu viens aussi dans la semaine ?
    — Rarement, ça m’arrive. Tu as vu comment il se comporte, comme beaucoup de personnes âgées, il rumine, s’arrête à peu près aux même endroits.
    — C’est vrai, il a l’air d’attendre quelqu’un, il se retourne mais personne ne le rejoint. J’ai l’impression qu’il est dans ses souvenirs. J’imagine que sa femme est décédée et qu’il noie sa solitude en la devinant pas loin de lui. La solitude est bien triste quand on vieillit et qu’on se retrouve seul.
    — Tu n’as jamais essayé de l’aborder ?
    — Je n’ai jamais osé, je lui lance un sourire quand il s’approche, mais il a le regard dans le vague et je n’ai pas l’impression qu’il a remarqué ma présence.
    — Une fois, j’ai voulu lui parler, il ne m’a pas répondu, il ne devait pas m’entendre… Ou il faisait comme si. »
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    Scène cinq

    H « Salut Justine.
    — Salut Sébastien, tu as eu un problème la semaine dernière ?
    — Oui, enfin, ce n’est pas vraiment un problème mais plutôt un heureux événement. L’épouse de Sylvain, l’ainé de mes enfants a accouché prématurément.
    — J’espère que tout va bien.
    — Oui, ça s’est très bien passé. Un joli bébé tout neuf, un peu petit, il est arrivé avec un mois d’avance. Il s’appelle Dorian. Je voulais t’avertir que je ne viendrais pas et j’ai réalisé que nous n’avions pas échangé nos numéros de téléphones !
    — Justement, j’y ai pensé la semaine dernière en ne te voyant pas, voici ma carte.
    — Et voici la mienne. C’est con, on se rencontre, nous papotons de tout et de rien, nous nous connaissons un peu, petit à petit mais en fait, nous n’avions aucunes coordonnées pour nous contacter. Pour fêter l’arrivée du moustique, nous ferons une petite fête dès que la maman… et le papa !... soient rétablis après l’épreuve. Tu es mon invité, avec ton mari.
    — Merci, c’est sympa, je vais lui en parler… Je me demande pourquoi la salle d’accouchement s’appelle la salle de travail, nous naissons sous de mauvais hospices… J’aurais préféré naître dans une salle de repos ! Tu as souffert à l’arrivée de tes trois bébés ?
    — Non, pas du tout. Et ma femme non, plus d’ailleurs, ça s’est très bien passé et ils sont passés comme une lettre à la Poste ! pour le premier, la petite valise était prête, nous deux et la voiture aussi ! Une demi-heure après, dans la salle de travail, il poussait son premier cri. J’en poussais un aussi ! Véronique n’a pas eu de douleurs atroces comme certaines, et pour les suivants, même topo. je crois que j’aurais tourné de l’œil s’il y avait eu un problème, même léger.
    — Vous les hommes, vous êtes des petites natures. Nous sommes plus résistantes que vous.
    — Je le pense aussi.
    — Tu te rappelles du petit vieux dont nous avions parlé.
    — Oui.
    — La semaine dernière, comme tu n’étais pas là, je me suis approché de lui, je lui ai offert un biscuit sec. Il m’a regardé un peu surpris sur le coup, puis il l’a accepté presque timidement et nous avons parlé un petit moment. Il n’est pas seul, sa femme est tétraplégique, il vient faire un tour ici presque tous les jours pendant qu’une aide-infirmière lui fait sa toilette, ça lui permet de se changer les idées.
    — On ne connait pas vraiment les gens que l’on croise. J’étais persuadé qu’il était seul.
    — Il suffit parfois d’un geste pour casser la distance. Justement, il est là-bas, je lui fais signe ?
    — Oui. Je t’accompagne.
    — Je préfère y aller seule, il est assez sauvage…
    — Il n’a pas envie de s’approcher, il a peut-être regretté de s’être confié à moi la semaine dernière.
    — Dommage ! il préfère peut-être se retrouver seul.
    — La solitude, je l’adore… Mais de façon homéopathique !
    — Moi aussi, mais il y a des solitudes non désirées qui doivent pourrir la vie. Et pas uniquement chez les personnes âgées. Ça me fait penser à une anecdote… J’ai été le témoin d’une scène assez particulière, il y a quelques années alors que nous étions au cirque avec nos enfants. Un spectateur d’environ quarante ans avait une espèce de poupée attachée sur sa poitrine, il lui parlait comme à un enfant et lui commentait de temps en temps ce qu’il voyait sur la piste. Sans arrêt, mon regard se portait sur ce personnage troublant et je supposais qu’il devait être en grande solitude pour agir ainsi. »
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    Scène six

    F « Dans deux mois, les congés, nous avons réservé un gite en Savoie.
    — Nous, avec le bébé nous restons disponibles cette année, mais nous essaierons de nous échapper quelques jours, pas trop loin d’ici pour revenir dare-dare en cas de problème.
    — Ah ! Les vacances… J’en ai vraiment besoin pour me vider la tête après la période scolaire. Quand j’ai débuté dans l’enseignement, les gamins étaient adorables et respectueux. Plus ça va, moins ça va, ils sont grossiers, irrespectueux, mais je les aime bien !
    — Ils te font souffrir ?
    — Pas trop, j’alterne mes cours avec le programme obligatoire avec des faits de société et ils sont intéressés mais il ne faut pas leur en demander beaucoup. Et les parents d’élèves sont de plus en plus vindicatifs. Au moindre problème, c’est la faute des profs.
    — Je ne comprends pas l’appellation « éducation nationale », ce sont les parents qui doivent éduquer leurs enfants et les écoles, les collèges, les lycées sont faits pour les enseigner.
    — Tu as raison, mais quand tu vois des parents qui sont absents du matin au soir avec le travail et les trajets, ce n’est pas facile pour eux de bien s’occuper de leur progéniture. Ils rentrent souvent crevés et n’ont pas toujours les capacités intellectuelles pour aider aux devoirs.
    — D’accord, mais laisser des ados ou des plus jeunes devant la télé, leur ordi ou leur Smartphone jusqu’à pas d’heure, ce n’est pas la solution idéale pour leur équilibre…
    — Il y a encore eu un problème de dogue et de rançon dans une école primaire il y a quelques jours. Et dire que j’ai encore une dizaine d’années avant la quille ! J’en rêve !... Avant, la plupart des travailleurs pensaient à leur retraite un ou deux ans avant. Maintenant, on y pense vingt ans avant ! Et sans être certain d’avoir une retraite décente.
    — Je pense pouvoir arrêter un peu plus tôt que toi, mais je ferai peut-être deux ou trois ans de plus pour attendre que Véro soit à la retraite, elle est coiffeuse mais n’a jamais eu l’envie de se mettre à son compte. Son salaire n’est pas mirobolant.
    — Jocelyn, lui, en tant que cadre, finira bien tard, mais je ne l’attendrai pas !
    — Nous parlons de retraite, de vacances, très peu de travail !
    — C’est logique, la vraie vie se trouve dans les loisirs qui nous permettent de nous évader. Je suis passionnée dans mes préparations de cours et j’y consacre une grande partie de mes congés mais je me sens bien dans mes jours de liberté où je peux m’exprimer dans la peinture. C’est mon dada, ma passion !
    — Tu me montreras ta peinture ?
    — Oui, mais je te préviens d’avance, si tu ris devant mes tableaux, tu devras m’oublier !
    — Je ferai très attention, je pourrai mettre des oignons dans mes poches, tu auras ainsi l’impression que je pleure d’émotions !
    — Et toi, tu as un hobby ?
    — Je fais du macramé.
    — C’est vrai ?
    — Mais non, pour me détendre, je joue de la guitare.
    — Super ! Tu pourras me faire la sérénade.
    — Je joue surtout du blues, j’adore ce style de musique. Quand je suis en vacances, je préfère le calme et le farniente. Avec Véro, nous aimons les petites maisons de campagne qui ont une âme, pour faire des pauses » 
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    Intermède deux

    Pause
    (musique de Julian Renan)

    Le vent dans les branches
    Frissonnement des feuilles
    Tout près de l’accueil
    Et du pain sur la planche

    Un verre de vin doux
    Le miaulement du chat
    Un rire en éclats
    Un baiser sur la joue

    Velours
    Tendresse
    Lueurs
    Ivresse

    Amour
    Pétales
    Bonheur
    Cigale

    Mitan du voyage
    Les rayons du soleil
    Repos sous la treille
    Juste quelques images

    Le chant d’un oiseau
    La vie au ralenti
    Rêves sous abri 
    Le murmure de l’eau

    Velours
    Tendresse
    Lueurs
    Ivresse

    Amour
    Pétales
    Bonheur
    Cigale
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    Entracte
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    Scène sept

    H « Je suis content que vous acceptiez de venir à notre petite fête.
    — C’est bien dans six semaines ?
    — Exact !... Tu feras ainsi connaissance avec notre ménagerie. 
    — Il y a combien de roulottes ?
    — Tu ne vas pas me demander de compter maintenant. Je préfère profiter de ce beau soleil, de la verdure et du calme environnant.
    — Je te laisse une semaine pour faire les comptes, tu me diras tout ça samedi prochain.
    — Oui, s’il n’y a pas un deuxième accouchement.
    — Ta fille est également enceinte ?
    — Non, c’est pour rire, elle n’est pas pressée, pour l’instant, elle change de mec tous les ans. Elle prend tout son temps pour déterminer le bon géniteur !... Comment tu as rencontré ton mari ?
    — À la fin de ses études, Jocelyn avait envie de prendre une année sabbatique pour faire le tour du monde. Il était à Caracas où il prenait des photos de cette ville entourée de bidonvilles, en découvrant la misère et le luxe du Venezuela. Il venait de commander dans une petite boutique deux perros calientes et une bière locale au goût douteux. J’étais à côté de lui, demandant les mêmes hot dogs, son accent n’était pas « couleur locale » ! Il m’a dit quelques mots en anglais et j’ai répondu dans cette langue mais nous nous aperçûmes bien vite que nous étions français tous les deux. Nous avons passé deux jours ensemble, puis nous nous sommes séparés, il partait vers l’Amérique du Nord et moi, je restais en Amérique du sud pendant quelques semaines. Nous avions décidé de nous retrouver quelques mois plus tard à Paris où j’avais commencé ma dernière année de formation… Et nous ne nous sommes plus quittés. Comment ça s’est passé pour toi ?
    — Je ne suis pas allé aussi loin que toi pour dénicher la perle rare. Véro était apprentie coiffeuse dans le salon où ma mère se faisait crêper le chignon. Non, je me trompe, où elle passait des heures à discuter avec la patronne qui aimait couper les cheveux en quatre avec ses amies. La petite jeune, un jour où je venais chercher ma maman chérie, je l’ai repérée, et ce fut réciproque. J’étais à l’époque avec une tigresse qui ne voulait pas me lâcher. J’ai fini par mettre un terme à cette idylle qui ne menait à rien et je suis sorti avec celle qui me permet de me faire couper les cheveux à l’œil depuis trente ans. Ça en fait des économies !
    — Ton histoire est un peu tirée par les cheveux !
    — Et pourtant, elle est véridique, je te jure que ça s’est passé comme ça. Le hasard des rencontres fait bien les choses… ou mal suivant les circonstances et la suite de l’histoire. Il y a aussi une part de chance non négligeable, mais au départ, on ne le sait pas. Certains couples se découvrent grâce au net, mais il leur manque la vraie découverte.
    — Que veux-tu dire ?
    — Le premier geste entrevu, le premier regard, les premiers mots échangés. Ça me parait important de les vivre dans une véritable situation et pas en pianotant sur un clavier. 
    — C’est vrai que le choix fait par rapport à une photo et une présentation, ça fait catalogue !
    — Même les gros catalogues papier ont disparu.
    — Quand j’étais gamine, avec ma paire de ciseaux aux bouts arrondis, je découpais des images dans ces bouquins qui me faisaient rêver.
    — Moi, je regardais les dames en petites culottes ! »
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène huit

    F « Aujourd’hui, il fait bien frais, il va surement pleuvoir bientôt.
    — Oui, des nuages vont faire pluie pluie !... J’ai constaté que la météo nous conditionne, nous sommes plus joyeux par beau temps et grincheux dans l’orage.
    — C’est normal, avec le soleil, tu peux sortir. La fenêtre ouverte laisse passer ses rayons qui te stimulent. Et c‘est lui qui fait pousser les plantes.
    — D’accord, mais sans pluie, elles ne poussent pas !... il faut donc un peu des deux pour un bon équilibre.
    — Et le vert dans la nature, ou plutôt les verts, il y a une quantité de verts différents, j’aime beaucoup cette couleur avec toutes ses nuances, je la trouve apaisante.
    — Les vermifuges aussi sont apaisants !
    — Ah, c’est malin !
    — Tu m’avais dit que Jocelyn aimait la pêche, en tant que cadre, il a besoin de se mettre au vert également.
    — Oui, il travaille beaucoup et n’a pas d’horaire fixe, il est responsable dans une grosse boite, la société Rénov’Action, spécialisée dans la rénovation d’immeubles, d’appartements et de résidences particulières. Grâce à ses capacités à prendre des initiatives, il aurait pu espérer devenir rapidement l’adjoint principal de la direction mais vu le nombre d’années qui lui reste à faire, l’espoir s’amoindrit. Il y a les jeunes loups qui font tout pour gagner des échelons. Lui, il veut rester humain avant tout et ne souhaite pas enfoncer les autres à tout prix. Il dit souvent que pour avoir une paix intérieure, rien de telle que l’humilité.
    — Bien vrai ! C’est une belle philosophie. J’ai hâte de le rencontrer.
    — Lui aussi, je lui raconte nos échanges, maintenant, tu fais un peu partie de notre famille.
    — Merci ! Mais que fait-t-il quand tu viens ici ? 
    — Il en profite pour plancher sur quelques dossiers en instance pour être libre de partager avec moi des moments de repos et de repas. Quand je suis à la maison, il s’éloigne le plus possible sauf s’il part pour une mission tout un week-end dans un autre département, à la rencontre d’un propriétaire pour évaluer sa demeure, les travaux à y effectuer et le devis à préparer. Et le samedi, souvent nous préparons les repas pour deux jours, nous pouvons ainsi nous évader à la campagne. Et Véro, que fait-t-elle en ce moment ?
    — Elle travaille le samedi pour les rendez-vous avec celles et ceux qui sont pris dans la semaine, en compensation, elle a le lundi, le matin, c’est grasse matinée. Pour elle, car je pars de bonne heure pour mes préparations dentaires et les patients.
    — Les vies de nos couples me semblent bien équilibrées, même si de notre côté, il y a des périodes bien remplies pour Jocelyn quand un chantier se termine.
    — Pour nous, une certaine routine pourrait s’installer mais notre petit dernier ne nous laisse pas le temps de respirer ! Et quand les enfants partent, rien n’est fini, il y a toujours Maman et Papa qui sont là en cas de besoin, mais aussi pour passer quelques heures avec nous et parfois, vider notre congélateur et l’armoire où sont rangées les confitures faites « maison » ! Ça ne nous gêne pas, bien au contraire.
    — Je connais ça aussi avec mes nièces et neveux. Pas question de finir nos jours en solitaires hargneux, il me semble que je t’en ai déjà parlé, je n’ai pas mais propres enfants, mais pas de manque chez moi, ni de regrets."
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène neuf

    H « En arrivant, à l’entrée du parc, il y a un grand manège.
    — Oui, tu veux que je te paye un tour ?
    — J’aimerais bien, mais j’ai dépassé la taille prescrite ! Il y avait à côté une petite mongolienne, le regard des gens face à la différence est bien souvent glauque, je peux comprendre qu’une certaine gêne peut s’installer mais un sourire et c’est un beau cadeau.
    — Tu lui as souri ?
    — Oui, elle m’a regardé, s’est approchée de moi, sa maman voulait la retenir mais je lui ai fait signe de la laisser. Elle m’a tendu la main, je lui ai fait une bise. Je ne savais pas quoi lui dire et elle m’a dit « Meci ». C’était vraiment touchant. Elle est repartie vers le manège en me faisant signe au-revoir.
    — Et la maman ?
    — Elle m’a fait un signe de remerciement. Je suis parti pour venir sur ce banc avec le cœur léger… léger ! Je ne sais pas si c’est une bonne action, mais c’est un geste d’humanité qui m’a ensoleillé cette matinée.
    — Tu es un tendre, il y a beaucoup d’hommes qui veulent jouer aux gros durs mais c’est la plupart du temps une façade pour cacher une partie de leur sensibilité. J’ai dès le début, ressenti chez toi une belle douceur.
    — Dis tout de suite que je suis un mou !
    — Pas du tout, tu as de la pudeur et tu la caches par des jeux de mots et de l’humour. C’est ce qui fait ton charme !
    — Eh bien, je ne sais plus où me mettre ! Alors, à mon tour de te dire ce qui m’attire chez toi, amicalement évidemment !...
    — Attends, d’abord, je téléphone à mon avocat !
    — Tu es très sociable, ouverte aux autres, je devine que tu as une grande culture, très certainement beaucoup plus cultivée que moi, mais tu n’en fais pas étalage. Tu sais rester simple dans tes propos. Bon, je ne vais trop en dire, sinon tes bas vont péter !
    — J’ai pas de bas mais des chaussettes, je viens ici toujours en jogging, tu n’es pas très observateur !
    — Autant pour moi ! Et nous n’avons jamais abordé des sujets qui fâchent comme la politique.
    — Non, nous sommes ici pour nous détendre. J’ai des idées que je partage mais dans d’autres circonstances. Je suis aussi une militante pour les droits des enfants et ce qui se passe en France et dans le monde me fait peur. Nous pourrons en parler un peu si tu veux.
    — D’accord, mais c’est vrai qu’à notre niveau, avec nos trois enfants à élever, nous avons été beaucoup pris, mais nous avons essayé de ne pas leur inculquer des notions de partages et d’écoutes. L’éducation passe par des petites touches, des petites empreintes qui, sans vouloir les façonner à notre image, leur permettent de s’épanouir et de trouver un équilibre. En dehors des activités scolaires, ils ont eu la possibilité d’en faire, aussi bien dans l’artistique que dans le sport. Avec nos salaires, nous pouvions nous le permettre, ce qui n’est pas donné à tout le monde, malheureusement…
    — Ils ont été inscrits à des clubs ?
    — Oui pendant l’année, c’était judo, solfège et musique, danse et théâtre aussi, pendant les vacances, le ski et avec les grands-parents, cheval, vélo ou poterie.
    — Ah ! le chant et l’apprentissage d’un instrument, c’est super !... Et pour le sport, le vélo et le judo, deux activités sportives très différentes mais complémentaires… »
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    Intermède trois

    Vélo et tatami
    (musique d’Éric Aton)

    Tatami et vélo
    Vélo et tatami
    C’est bien ce qu’il te faut
    Pour avancer dans la vie

    Tu fais du vélo
    Tous les samedis
    Ta maman Véro
    Elle en fait aussi

    Des fois t’en fais trop
    Pour ton appétit
    Tu tombes sur le dos
    Car tu es flapi

    Si tu as bobo
    Il y a Bambi
    Dans ton grand dodo
    Qui est ton ami

    Tatami et vélo
    Vélo et tatami
    C’est bien ce qu’il te faut
    Pour avancer dans la vie

    Tu fais du judo
    Tous les vendredis
    Ton papa Paulo
    Il en fait aussi

    Ton copain Pierrot
    C’est pas ton ami
    Il t’as mis K.O.
    Sur le tatami

    Si tu as bobo
    Ta maman chérie
    Te fait un bécot
    Un guili guili

    Tatami et vélo
    Vélo et tatami
    C’est bien ce qu’il te faut
    Pour avancer dans la vie

    Tatami et vélo
    Vélo et tatami
    C’est bien ce qu’il te faut
    Pour avancer dans la vie
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène dix

    F « Voici le jardinier qui passe. 
    — C’est son heure pour aller vider les poubelles dans le container.
    — Il s’occupe de tout le parc, il prend bien soin de la roseraie, des massifs et des pelouses.
    — C’est un sacré travail, en cette saison, il y a les fleurs fanées à enlever, mais le plus gros boulot doit se situer à l’automne, avec toutes les feuilles qui tombent, il n’arrête pas.
    — Ils sont deux à tourner, ils s’arrangent pour les congés et les week-ends. L’autre, je ne le vois pas souvent, il fait les après-midis. Tu jardines ?
    — Très peu, je n’ai pas la main verte ! Nous avons une grande loggia, il y n’y a que quelques pots pour ne pas avoir l’air d’être en plein Sahara et Véro passe déjà assez de temps à couper des cheveux, elle aurait l’impression de faire des heures supplémentaires si elle devait tailler des plantes ! Et toi ?
    — Pas le temps. Je me dis que, quand je serai à la retraite, je m’y mettrai. C’est Jocelyn qui s’y colle, quand il a le temps. À part un coin pour les plantes aromatiques et des arbres fruitiers, c’est un jardin d’agrément.
    — Quand tu seras à la retraite !... C’est marrant le nombre de projets qu’on prévoie et qui évoluent au fil du temps qui passe. Moi, j’aurai envie avant tout de filer à la campagne, ou plutôt dans une petite ville avec de la verdure tout autour pour faire de longues balades. Mais il y a aussi les évolutions au niveau de la famille, avec peut-être des enfants supplémentaires, je serai le papi qui les prendra de temps en temps pour soulager les parents !
    — Soulager les parents ! C’est vrai que les enfants donnent beaucoup de travail, il fut une époque que je n’ai pas connue où beaucoup de mamans ne travaillaient pas, elles étaient femmes au foyer… Quelle horreur ! 
    — Il y avait aussi des familles avec les grands-parents à demeure, ce qui permettait de profiter de plus de loisirs.
    — Tu crois que les loisirs existaient dans l’ancien temps, je parle du temps avant la télé, avant les clubs de vacances.
    — Au moins, les gens se parlaient… Ou s’engueulaient ! Ils avaient aussi comme seule distraction la lecture du journal.
    — Les nouvelles arrivaient avec une semaine de retard et il suffisait de mettre le nez dehors pour se rendre compte s’il fallait mettre une veste ou un ciré. Le soir, en observant le ciel, ils connaissaient la météo du lendemain. Le pied !...
    — Aujourd’hui, nous avons droit à une séance d’archéologie ! Sérieusement, le progrès, c’est vachement bien, mais il y a des limites. Je rêve d’une journée sans portable ni ordi pour me couper de tout et RESPIRER. Me sentir libre de vagabonder avec les pieds ou dans la tête.
    — Mais tu peux le faire, tu prends ton sac à dos et tu pars trois semaines dans un couvent au Mont Athos.
    — J’ai dit une journée, pas trois semaines et puis là-bas, je ne pourrai pas emmener ma femme.
    — C’est vrai, mais ça te reposerait !
    — Non, je ne veux pas être enfermé, je veux le grand air, entendre le vent frémir, ou la pluie ruisseler. Être en communion avec la nature sans contact possible. 24 heures, c’est bien, mais je ne suis pas certain de tenir plus longtemps. J’aime la solitude mais à plusieurs !...
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène onze

    H « C’est bien ce que tu as écrit.
    — Vraiment ?
    — Oui. Mais c’est du vécu ?
    — Un peu, mais pas le mien, j’avais envie d’écrire des petites histoires, ou plutôt des anecdotes. J’ai un carnet où j’écris mes impressions du moment suite à un fait divers vu ou lu, une scène qui se déroule devant moi, dans la rue ou dans un moyen de transport. Je pose mes mots, je les relis le soir, je me dis que c’est nul, mais je continue ! 
    — Je trouve que c’est sympa, ces pages que tu me montres. 
    — Tu as des critiques à me faire ?
    — Euh, non ! Et tu écris depuis longtemps ?
    — Plus de vingt ans.
    — Mais alors, tu as plusieurs carnets.
    — Oui, un par an, et au début de chaque année, j’attaque le suivant, ce sont des petites chroniques. quand j’aurai terminé le trentième carnet, je mettrai tout au propre à l’ordi et je verrai si je peux faire éditer mes élucubrations.
    — Ça va te faire un sacré boulot, tu devrais commencer le plus tôt possible.
    — Pas le temps !
    — Et tu diras également « pas le temps » dans cinq ans !
    — C’est possible. 
    — Et qu’en pense ton « moitié » ?
    — Ça l’amuse, il me signale des fautes d’orthographe et c’est tout… Bin oui, quoi !... Ce n’est pas parce que je suis, prof que je ne fais pas de fautes. Pour me dire le fond de sa pensée concernant mes élucubrations textuelles, il ne dit rien, il répète qu’il n’est pas un chroniqueur littéraire.
    — C’est de la franchise, ou il se défile ?
    — Un peu les deux, il considère que c’est mon petit joujou.
    — Et tu les montres à d’autres personnes ?
    — Il m’est arrivé de faire lire quelques pages à des parents, des amis ou des collègues. Pas de réactions significatives de leur part, alors, je reste sur ma faim mais je continue, c’est mon petit plaisir perso. J’avais envie que tu lises quelques pages et tu réagis comme les autres, tu ne sais pas quoi dire !
    — Tu as raison, c’est difficile de porter un jugement et je ne suis pas le lecteur idéal !
    — Et toi, tu écris un peu ?
    — Oh oui ! Des cartes postales… Ce n’est pas mon truc. Je ne suis pas un intello comme toi.
    — Non mais !... Tu me traites d’intello, c’est une insulte !
    — Je ne te dirai plus rien, na !
    — Mais non, c’est pour te faire marcher. Franchement, je ne me sens pas intello du tout, c’est bon pour ceux qui veulent péter plus haut que leur cul.
    — Tu as quand même beaucoup plus de choses à dire que moi, les patients qui viennent à mon cabinet sont sur les dents ! Et ils ouvrent la bouche pour que je leur en bouche un coin. Et quand, c’est terminé, ils n’ont rien à dire à part merci et surtout ils espèrent ne pas me revoir trop vite !
    — Mon dentiste est un marrant, j’y vais régulièrement, tous les six mois. La dernière fois, il m’a dit que j’avais une bonne dentition et que si tous les gens étaient comme moi, beaucoup de ses collègues seraient au chômage…
    — Et tes élèves, ils t’inspirent ?
    — Ils pourraient, mais je fais abstraction de ce qui se passe pendant mes cours, je ne veux pas tomber dans des mémoires d’une enseignante, je laisse ça à ceux qui ont une vraie plume. Et puis, j’aurais l’impression de poursuivre ma vie professionnelle et je ne le veux absolument pas.
    — Et nos rencontres ici, tu en fais des anecdotes ?
    — Non, ça ne m’est pas venu à l’idée. »
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène douze

    F « Nous serons combien ce soir ?
    — Nous serons donc une quinzaine. Il y a Sylvain et sa femme, Adeline et le bébé, mais lui ; il compte pour du beurre ! Notre fille Cerise avec son copain, Erwan, notre aîné, Arnaud, mes parents et ceux de Jocelyn, Germaine, ma tante qui est veuve. Et des amis, Viviane et Ahmed qui est un spécialiste en dessert, il va nous préparer des pâtisseries orientales dont tu me diras des nouvelles.
    — Super !... Je vais encore prendre un kilo. Tu peux lui dire que je mange comme quatre.
    — Pas la peine, il est trop tard pour ce soir.
    — Dommage !
    — Ne t’inquiète pas, je lui ai dit que nous serons une quinzaine, il va donc amener des desserts pour une bonne trentaine de personnes. Les parents de Jocelyn se chargent des entrées, il y aura comme d’habitude un bel assortiment, et les miens viennent avec une blanquette de veau, la spécialité de maman. Et comme tu m’as dit que Véro était végétarienne, elle a prévu une petite blanquette au tofu. Et nous nous occupons de l’apéro. 
    — Mais pourquoi tu m’as dit de ne rien préparer ?
    — C’est la première fois que vous êtes nos invités, nous avons préféré vous laisser tranquille !
    — Nous avons prévu d’apporter quelques bouteilles.
    — D’accord.
    — Et pour le bébé, comme tu me l’as dit, nous avons choisi du 2 ans pour les vêtements. J’ai remarqué que souvent les habits offerts sont trop nombreux dans les toutes petites tailles, au bout de six mois, ils sont rangés dans un placard, mis de côté pour le ou les suivants. Ça coûte cher d’habiller des petits qui grandissent à la vitesse grand V !
    — Donc, comme prévu, Adeline et Sylvain préfèrent rentrer chez eux pour le bébé, ils partiront tôt en emmenant des desserts. Pour mes parents et mes beaux-parents, ils habitent pas loin, ils partiront à la fin de la soirée. Pour vous, la chambre d’amis est prête.
    — C’est vraiment très gentil de votre part, nous aurions pu repartir chez nous.
    — Pas question ! Tu m’as proposé de l’aide pour la vaisselle et le rangement demain matin, alors, on ne vous lâche pas. Et puis, le midi, il y aura pas mal de restes, autant que vous en profitiez. Et nos conjoints auront ainsi le temps de faire un peu plus connaissance. Au fait, je me demande si vous avez vos habitudes pour dormir, vous avez toujours le même côté ?
    — Oui, ça ne nous viendrait pas à l’idée de changer. Quoique, quand nous sommes en vacances, il nous arrive de permuter, mais j’ai l’impression de moins bien dormir à chaque fois. 
    — Nous, nous varions, celui qui doit se lever le premier se met du côté du réveil pour que l’autre ne soit pas trop gêné et nous nous rendons compte que presqu’à chaque fois, on se réveille naturellement quelques minutes avant la sonnerie. 
    — C’est rigolo ce système d’alternance pour le coucher. Nous n’y avons jamais pensé. C’est bien pratique !... Mais nos horaires coïncident à peu près. Le premier lever prépare le petit déjeuner et c’est chacun son tour, ce qui nous permet de commencer la journée en tête-à-tête avant d’aller travailler.
    — De quel côté tu dors ? Ça me fait penser à une chanson.
    — Moi aussi !...
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Intermède quatre

    De quel côté tu dors ?
    (coécrit avec Marie-Noëlle Pichardie 
    musique de Vincent Grosset)

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand la nuit se colore

    Côté cour côté rue
    Les murs sont mis à nu
    Côté cour 
    Côté rue
    Les clameurs se sont tues

    Côté bourg côté port
    Tu navigues à bâbord
    Côté bourg 
    Côté port
    Tu joues les sémaphores

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand le jour s’évapore

    Côté ville côté champ
    Tu rêves sous l’auvent
    Côté ville 
    Côté champ
    Tu soupires en flânant

    Côté homme côté femme
    En enfer tu te damnes
    Côté homme 
    Côté femme
    Le feu brûle ton âme

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand la nuit se colore

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand le jour s’évapore

    Mais voici que l’amour
    Éclabousse l’aurore
    Sans tempête
    Ni tambour
    Le long de ton décor

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand la nuit se colore

    De quel côté tu dors
    Côté sud 
    Côté nord
    De quel côté tu dors
    Quand le jour s’évapore
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Scène finale

    H « Déjà levée !
    — Oui, et toi aussi. Ce fût une superbe soirée. 
    — Mais qui m’a laissé des traces, j’ai la gueule de bois !
    — Ça va se passer. Mais tu n’as bu qu’une coupe de Champagne.
    — D’habitude, je ne bois pas d’alcool, c’était juste pour trinquer. Ton moitié dort encore ? 
    — Lui, pour le réveiller, il faut jouer du clairon ! Et Véro ?
    — Elle reste un peu au lit… Je suis content de notre amitié qui s’installe entre nous depuis quelques semaines.
    — C’est vrai, ce genre de belle rencontre transforme un peu nos vies, enfin, pas transforme, plutôt fait évoluer nos vies. Et bientôt une petite fiesta chez nous. Nous serons nombreux, mes nièces et neveux veulent vous connaitre.
    — Ça sera avec plaisir.
    — Regarde, le jour se lève, c’est beau.
    — Oui, c’est beau !... »
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 
    Chanson finale

    Nouvelle journée 
    (musique d’Anthony Aleksandeur)

    Radioréveil
    Encore sommeil
    Au matin blême
    Petit croissant
    Le café crème
    La brosse à dents
    Je fais surface
    Devant ma glace
    Bisou départ
    Lèvres sucrées
    Vite il est tard
    Dernier baiser
    Clé sur la porte
    Le vent me porte

    Journée nouvelle
    À tire d’ailes
    La vie s’anime
    En joies infimes

    Nouvelle journée
    Banalités
    Du quotidien
    Je me sens bien

    Journée nouvelle
    À tire d’ailes
    La vie s’anime
    En joies infimes

    Nouvelle journée
    Banalités
    Du quotidien
    Je me sens bien

    Le vent me porte
    Loin de ma porte
    Métro bondé
    Sourire d’enfant
    Là sur ce quai
    Regards des gens
    Des lueurs brèves
    Je cherche un rêve
    En liberté
    Laisse la rame
    Réapparais
    Sur macadam
    Soleil radieux
    Je suis heureux

    Journée nouvelle
    À tire d’ailes
    La vie s’anime
    En joies infimes

    Nouvelle journée
    Banalités
    Du quotidien
    Je me sens bien

    Journée nouvelle
    À tire d’ailes
    La vie s’anime
    En joies infimes

    Nouvelle journée
    Banalités
    Du quotidien
    Je me sens bien

    Radioréveil / Le vent me porte
    Encore sommeil / Loin de ma porte
    Au matin blême / Métro bondé
    Petit croissant / Sourire d’enfant
    Le café crème / Là sur ce quai
    La brosse à dents / Regards des gens
    Je fais surface / Des lueurs brèves 
    Devant ma glace / Je cherche un rêve
    Bisou départ / En liberté
    Lèvres sucrées / Laisse la rame
    Vite il est tard / Réapparais
    Dernier baiser / Sur macadam
    Clé sur la porte / Soleil radieux 
    Le vent me porte / Je suis heureux
    — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — 

    Dialogues de Bernard Pichardie
    Chansons :
    Rencontres (Marie-Noëlle et Bernard Pichardie/Michel Veron)
    https://soundcloud.com/chantsongs/rencontres?in=chantsongs/sets/chantsongs
    Juste quelques secondes (Bernard Pichardie/Jean-Michel Chauchereau)
    http://chantsongs.centerblog.net/6300146-JUSTE-QUELQUES-SECONDES
    Pause (Bernard Pichardie/Julian Renan)
    http://bernardpichardie.centerblog.net/40-pause
    Vélo et tatami (Bernard Pichardie/Éric Aton)
    https://bpecritures.wixsite.com/enfantsillages/velo-et-tatami
    De quel côté tu dors ? (Marie-Noëlle et Bernard Pichardie/Vincent Grosset)
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite/de-quel-cote-tu-dors
    Nouvelle journée (Bernard Pichardie/Anthony Aleksandeur)
    http://chantsongs.centerblog.net/121565-NOUVELLE--JOURNEE


    4 commentaires
  • TOUT N'EST PAS TOUT GRIS

     

    un texte à la recherche d’une musique

     

    TOUT N’EST PAS TOUT GRIS

    Tout n’est pas tout gris
    Tout n’est pas tout rosse
    Le temps d’une vie
    De joies et de bosses

     

    Tout n’est pas tout vert
    Tout n’est pas tout bleu
    Le temps d’un hiver
    D’un été soyeux

     

    De la tendresse
    En cavalcades
    Et de l’ivresse
    Des barricades

     

    Dans le soleil
    Ou dans la pluie
    Monts et merveilles
    En raccourcis

     

    Tout n’est pas tout gris
    Tout n’est pas tout rosse
    Le temps d’une vie
    De joies et de bosses

     

    Tout n’est pas tout blanc
    Tout n’est pas tout noir
    Le temps d’un bilan
    De rires et cafards

     

    Quelques bonheurs
    Sur le pavé
    Avec des pleurs
    Éparpillés


    Des nuits sans lune
    Des jours sans fin
    Sur des lagunes
    Sur des chemins

     

    (pont musical)

     

    Tout n’est pas tout beau
    Tout n’est pas tout pur
    Le temps d’un écho
    De cris de murmures

     

    Tout n’est pas tout gris
    Tout n’est pas tout rosse
    Le temps d’une vie
    De joies et de bosses


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  •  PISSER SOUS LES ÉTOILES

    Un texte à la recherche d'une musique
    ... un thème que je n'avais jamais abordé !

    PISSER SOUS LES ÉTOILES

    Quand le soleil est couché
    Je m’évade en rêvant
    Dessous la voûte lactée
    Mais sans mettre les voiles

    Quand le soleil est en berne
    Voici venir le temps
    Dans l’herbe ou la luzerne
    De pisser sous les étoiles

    Pisser dans la nature
    Écoutant son émoi 
    Comme une signature
    En lisière d’un bois

    (pont musical)

    Dans la fraîcheur du soir
    Je découvre soudain
    La beauté dans le noir
    De cette immense toile

    Sous le vent qui frémit
    Au bout de ce chemin
    La nuit me donne l’envie
    De pisser sous les étoiles

    Pisser dans la nature
    En devinant les bruits
    Et les tendres murmures
    Quand la journée s’enfuit

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • FABIEN

    un texte à la recherche d'une musique

    FABIEN

    Bonjour Fabien
    Je serai prêt dans dix minutes
    Je lis le programme du jour

    Une maison de retraite
    Un petit coin de banlieue
    Un lieu pour les sans-logis
    Et un marché au milieu

    Repas dans la salle des fêtes
    Entourés d'élus locaux
    Et enfin l'après-midi
    Interview pour les infos

    Allez Fabien
    Il faudra serrer quelques mains
    N'oublie pas le désinfectant

    Des souhaits et de l'espoir
    Sous la bannière du parti
    La ferveur de mon discours
    Applaudissements fournis

    Devant cette jolie noire
    Petits propos enflammés
    Du travail pour tous un jour
    Le vote pour les immigrés

    (pont musical)

    Mon bain Fabien
    Avant de relire mes feuillets
    Je sens encor l'odeur des vieux

    Des dossiers remplis de notes
    Un whisky et deux glaçons
    L'émission à la télé
    Un appétit de glouton

    Correction de quelques fautes
    Après le poulet rougail
    Le cigare la volupté
    Un dernier petit détail

    Super Fabien
    Cette noire est bien sur la liste
    Pour préparer les expulsions

    La la la la la la la
    Finie la journée la la
    La la la la la la la
    Un repos bien mérité la la
    ... ... ...

    Non non Fabien
    Pas ce soir j'ai mal à la tête
    Demain le lever à six heures

    Bernard PICHARDIE

    texte déposé

      

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  • WIX

    Des textes à la recherche de musiques sont sur 
    https://chantsongs.wixsite.com/monsite/textes

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  • HUIT HEURES DU MATIN

    un texte à la recherche d’une musique
    si un compositeur ou une compositrice est intéressé(e)
    pour poser ses notes sur mes mots
    il ou elle peut me contacter

    HUIT HEURES DU MATIN

    Tout près du sucrier
    Un pot de confiture
    Du beurre un peu trop dur
    Et deux sachets de thé

    Rangées sous la serviette
    Quelques tranches de pain
    Une grappe de raisin
    Environnée de miettes

    La cuillère est à l’ombre
    De ce grand bol fumant
    Un peu de lait s’étend
    Sur la nappe trop sombre

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Dans le jour qui s’allonge
    En rubans de soleil
    Une tache de miel
    Est posée sur l’éponge

    Un soupçon de vent frais
    Passant sous la tenture
    Frôle dans un murmure
    La photo d’un bébé

    Dans la douce torpeur
    De la pièce endormie
    S’évade sur un cri
    La vision de l’horreur

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    ( pont musical )

    Il manque un couteau à l’appel
    Dans l’inventaire de la vaisselle

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Et cette main ne bouge plus
    Car l’assassin est revenu

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • Un texte à la recherche d’une musique


    ENTRE DEUX HEURES


    De l’heure du café crème

    Jusqu’à l’heure de plus rien

    Le temps me paraît blême

    Le temps est peau de chagrin

     

    Je m’habille en douleur

    Sur ce grand quai de gare

    Où je ressens la peur

    D’avoir usé ton départ

     

    De l’heure où je m’embrume

    Jusqu’à l’heure des remords

    Le temps se désemplume

    Le temps ravine mon corps

     

    Je m’invente un sommeil

    Posé sur une chaise

    Entre quelques bouteilles

    Je grignote des fadaises

     

    ( pont musical )

     

    De l’heure du premier brame

    Jusqu’à l’heure des éclats

    Le temps se joue des drames

    Le temps ne s’arrête pas

     

    Je plonge dans mon whisky

    Un bout de démesure

    Je regarde ma vie

    Noyée par mes déchirures

     

    De l’heure du bout du soir

    À l’heure de pas grand-chose

    Le temps me paraît noir

     Le temps est peau de névrose


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • CHIEN FOU

    un texte à la recherche d’une musique

     

    CHIEN FOU


    Comme un chien fou
    Dans un jeu de fille

    Je fais le loup
    Je me déshabille
    Devant toi

    Franc du collier
    Je joue le caniche

    Dans la chambrée
    On se fait des niches
    Et j’aboie

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah

    Moi ton loulou
    Je suis de bon poil

    Je saute et joue
    Lance la baballe
    Vers tes mains

    Sur ton divan
    Je me fais les griffes
    Puis je m’étends
    J’attends sur le vif
    Un câlin

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    (pont musical) 

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    Debouts dans la cuisine
    Nous suçons un nonos
    On se lèche les babines
    Environnés de sauce
     

    Comme un chien loup
    Dans un jeu de fille

    Je fais le fou
    Puis je me rhabille
    Devant toi

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • Sur terre, il y a ceux qui laissent des traces (les grains de sable)
    et ceux qui sont et resteront des inconnus (les grains de sel)

    un texte mis en musique
    pour écouter la chanson
    http://chantsongs.eklablog.com/grains-de-sel-ou-de-sable-a131350176 

    GRAINS DE SEL OU DE SABLE

    Les terriens sont comme
    Des grains de sel ou de sable
    Les femmes et les hommes
    Des gens solides ou friables

    Qui laissent des traces
    Sur le chemin de leurs vies

    Tous ceux qui s’effacent
    Dans le ravin de l’oubli

    Les humains qu’on nomme
    Des grains de sel ou de sable
    Les femmes et les hommes
    Assis à la même table

    Qui font table rase
    De tous leurs bonheurs perdus

    Tous ceux qu’on écrase
    Dans leur quartier dans la rue 

    Nous sommes tous comme
    Des grains de sel ou de sable

    Les femmes et les hommes
    Aux vies dissoutes ou durables

     (pont musical)

    Emportés au large
    Montés en haut d’un sommet

    Laissés dans la marge
    Connus pour l’éternité

    Étrange mélange
    De grains de sel

    De grains de sable
    Démons ou archanges

    Des grains de sel ou de sable
    Des grains de sel ou de sable

    Des grains de sel ou de sable
    … … …

    C’est l’humanité

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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    un texte à la recherche d’une musique

    SUR  LE  LIT


    Tu reposes tes yeux

    À l’ombre de tes cils

    D’un regard amoureux

    Vers ton amant docile

     

    Son souffle s’établit

    Tout le long de ta joue

    Mais comme tu faiblis

    Il te remet en joue

     

    Sur le lit

    Tu le chiffonnes

    Sur le lit

    Il te braconne

     

    Son arme est la tendresse

    Et quand il te chevauche

    Entre vous deux se dresse

    Une anguille sous roche

     

    Bien planté sous les draps

    Enrobé de sa ruse

    Cet amour toujours là

    Dans ton corps se diffuse

     

    Sur le lit

    Il t’environne

    Sur le lit

    Tu t’abandonnes

     

    Vibrante de passion

    Si tu croises le fer

    Avec ses émotions

    Tu le sens sur les nerfs

     

    Caressant ta poitrine

    Ardemment il soulève

    Ces belles envies mutines

    Echappées de tes rêves

     

    Sur le lit

    Tu l’emprisonnes

    Sur le lit

    Il t’éperonne

     

    (pont musical)

     

    Sur son membre tendu

    Tu passes et te surpasses

    Dans l’élan attendu

    De ses désirs tenaces

     

    Lentement il dessine

    Sur le grain de ta peau

    La joie toute féline

    D’une fièvre en lambeaux

     

    Sur le lit

    Il se cramponne

    Sur le lit

    Tu le sillonnes



    Bernard  PICHARDIE
    texte déposé



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     CHANTEUR POÈTE


    un texte à la recherche d’une musique

    CHANTEUR POÈTE

    Y a des mots qui desquament
    Ton cœur de ses remords
    Y a des mots que tu brames
    À l’envers du décor

    Tu tires les ficelles
    Le long d’un filigrane
    De mots qui s’amoncellent
    De mots qui se pavanent

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Tu fais la fête
    Près du rideau

    Y a des mots en chaleur
    Lancés du bout des fesses
    Y a des mots pour la peur
    D’un dernier soir d’ivresse

    Tu lances tes éclats
    Scotché contre ton mur
    De mots pour un gala
    De mots pour le futur

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    C’est ta planète
    En fa ré do

    Y a des mots qui s’accrochent
    Aux portes de l’enfer
    Y a des mots que tu coches
    Pour animer tes vers

    Tu te permets la chance
    Avec un coup de pouce
    De mots qui se balancent
    De mots qui se trémoussent

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Chante à tue-tête
    Sous les bravos

    (pont musical)


    Y a des mots en amour
    Joués en cavalcades
    Y a des mots de velours
    Pour une belle aubade

    Tu vogues sur ta vie
    En truffant tes chansons
    De mots pour l’infini
    De mots pour nos frissons

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Sous les paillettes
    T’es le héros

    Bernard PICHARDIE
    Texte déposé


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    Un texte à la recherche d’une musique

     

    L’ODEUR DE L’ARGENT



    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts


    Banquier véreux
    Argent trop sale
    Voyou crasseux
    Dans un canal


    Tout contre un mur
    D’une prison
    Sur les dessous
    Des grands partis
    Dans les égouts
    De l’amnistie
    Un vide-ordures
    Et des frissons


    Aux U.S.A.
    Argent détresse
    Vers la mafia
    Pour une messe


    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

    Robots manchots
    Argent liquide
    Coulant à flots
    Couleur livide


    (pont musical)


    Dans la marée
    Au Vatican
    Machination
    Machines à sous
    Sous le croupion
    D’oncle Picsou
    Billet froissé
    Cri d’une enfant


    Le superflu
    Argent factice
    La plus-value
    De tous les vices


    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

     

    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts


    Bernard PICHARDIE
    Texte déposé

     


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    un texte à la recherche d'une musique


    AMOUR ET PEAU DE BANANE
     

     

    Amour et peau de bana ane

    Elle est partie avec un âne

    Qui en avait de bien belles

    Qui avait de belles oreilles

    Et aussi de l’oseille

     

    Amour et peau de bana ane

    Tu te retrouves sur le cul

    Car tout au fond d’un bois

    Son corps tu l’as perdu

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah 

     

    Amour et peau de bana ane

    Si loin de son corps de gitane

    Tu fumes comme un pompier

    Au bout du rouleau elle s’est

    Envolée en fumée

     

    Amour et peau de bana ane

    À elle tu penses tout à coup

    Aux coups qu’elle a reçus

    Sur le nez sur les bras

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah

     

    Amour et peau de bana ane

    Pour elle la vie n’est pas si rose

    Elle ressemble à sa mère

    Avec toutes ses ecchymoses

    Fleuries entre deux bières

     

    Amour et peau de bana ane

    T’es triste comme un épagneul

    Tu remues la queue tout seul

    Loin de cette nana

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah 

     

    (pont musical)

     

    Amour et peau de bana ane

    Tu sais que tu la retrouveras

    La semaine prochaine

    Tout plein de cadeaux dans les bras

    Elle redira je t’aime

     

    Amour et peau de bana ane

    Mais cette fois-ci c’est bien fini

    Tu lui présenteras

    Ton nouvel amour… Rémi 

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah


    Bernard  PICHARDIE

    Texte déposé

     


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  • DUCASSE


    le premier texte d'un triptyque sur mes origines nordiques


    un texte à la recherche d’une musique


    DUCASSE

    Voici que les frites dépassent
    De leur cornet de ducasse
    Et sur les chevaux de bois
    Quelques rires volent en éclats

    Une guitare électrique
    Se joue d’un air nostalgique
    Sur la vision du passé
    De ce coron tourmenté

    La moustache du garde-barrière
    Raconte ses petites misères
    Et prend avec l’apéro
    Des cartons pour le loto

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    Loin des cheminées d’usines
    Des chevalets de la mine
    Certains rêvent à cœur perdu
    Niant leur vie sans issue

    Des tablées chantent à tue-tête
    Tout près d’un jeu de fléchettes
    Les p’tits oublient le charbon
    Sous les guimauves et les flonflons

    Dans les auto-tamponneuses
    Et les relents de la Gueuze
    Laurette contre son béguin
    Vit sa vie comme un festin

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    ( pont musical )

    Doucement le soir se plisse
    Et l’accordéon se glisse
    Le long des lumières bleues
    D’un bal pour les amoureux

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


    pour découvrir les deux autres textes :
    TERRIL EN LA DEMEURE
    FEMME DE MINEUR
    et une nouvelle :
    LA MINE BUISSONNIÈRE

     

     


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  • TERRIL EN LA DEMEURE

     

    un texte à la recherche d'une musique

     

    TERRIL EN LA DEMEURE

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Il revient à votre tanière
    Entre la brume et le houblon
    Les yeux trop collés de poussière
    S’entrouvrent devant ton corps rond

    Et quand il s’assied à sa place
    Il a pour tes enfants mignons
    De ces souvenirs de ducasse
    D’école trempés dans l’amidon

    Femme de mineur c’est pas de la tarte
    Pour adoucir toutes tes aigreurs
    Les idées noires tu les écartes
    À la cassonade et au beurre

    Aujourd’hui c’est le jour de fête
    Entre la wassingue et le tison
    Sa quinzaine devant tes mirettes
    Fait s’envoler le coup de bourdon

    Tu prends le pâté d’alouette
    Qu’il rapporte toujours du fond
    Cette tartine dans sa musette
    Fait le délice des polissons

    Il te raconte tous les griefs
    Qu’il a avec le chef-porion
    Un vrai connard qui s’appelle Jef
    Un drôle de salaud un démon

    Femme de mineur c’est pas la joie
    Pour adoucir cette grisaille
    Qui te gangrène bien des fois
    Plusieurs bistoules t’encanaillent

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racines près des chicons

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Ton homme pense à son copain
    Qui est resté sur le carreau
    Son enterrement est pour demain
    Ils ont congé les galibots

    Il n’a pas eu de veine l’ami
    La mort était sous les gaillettes
    Il n’amuse plus la galerie
    De ses histoires de Cafougnette

    Femme de mineur c’est pas banal
    Pour adoucir toutes tes rancœurs
    Tu t’évades le long du canal
    Rêvant à une histoire de cœur

    En regardant son verre de bière
    Un peu livide devant sa mousse
    Ton mari pense au cimetière
    Et te communique sa frousse

    Avec sa mine de déterré
    Lentement il touche le fond
    Il a du gris dans les pensées
    Et des traces dans ses poumons

    T’as du grisou dans la cervelle
    Et ça ne tourne plus très rond
    En reprisant toutes ses flanelles
    Tu files du mauvais coton

    Femme de mineur tu as la rage
    Du linge bouillant dans le chaudron
    La silicose fait des ravages
    Aux alentours dans les corons

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racines près des chicons

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    j’ai vécu jusqu’à 21 ans dans le Pas-de-Calais, à Sallaumines, à côté de Lens… 
    j’ai essayé d’imaginer la vie d’une famille à une époque que je n’ai pas connue

    ducasse : fête foraine 
    wassingue : serpillière
    chef-porion : responsable dans la fosse, sous les ordres de l’ingénieur
    bistoule : gnole ou rhum mis dans la tasse de café
    chicon : endive
    carreau : partie de la fosse qui se trouve en surface au jour
    galibot : jeune garçon employé dans les mines
    gaillette : bloc de charbon


    pour la suite :
    http://chantsongs2.eklablog.com/femme-de-mineur-a124778894


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    le texte "TERRIL EN LA DEMEURE étant trop long
    je l'ai divisé en 2 pour faire 2 textes de chansons

    pour lire la première partie
    http://chantsongs2.eklablog.com/terril-en-la-demeure-a124798306

    voici la deuxième partie

     

    TERRIL EN LA DEMEURE



    un texte à la recherche d’une musique


    FEMME DE MINEUR

    (Terril en la demeure II)

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racin’ près des chicons

    Ton homme pense à son copain
    Qui est resté sur le carreau
    Son enterrement est pour demain
    Ils ont congé les galibots

    Il n’a pas eu de veine l’ami
    La mort était sous les gaillettes
    Il n’amuse plus la galerie
    De ses histoires de Cafougnette

    Femme de mineur c’est pas banal
    Pour adoucir toutes tes rancœurs
    Tu t’évades le long du canal
    Rêvant à une histoire de cœur

    En regardant son verre de bière
    Un peu livide devant sa mousse
    Ton mari pense au cimetière
    Et te communique sa frousse

    Avec sa mine de déterré
    Lentement il touche le fond
    Il a du gris dans les pensées
    Et des traces dans ses poumons

    T’as du grisou dans la cervelle
    Et ça ne tourne plus très rond
    En reprisant toutes ses flanelles
    Tu files du mauvais coton

    Femme de mineur tu as la rage
    Du linge bouillant dans le chaudron
    La silicose fait des ravages
    Aux alentours dans les corons

    ( pont musical )

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racin’ près des chicons

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


     

     

     


    C'est la fosse Delloye à Lewarde, près de Douai, qui fut choisie en 1973 en raison du charme du lieu, de sa situation proche du réseau autoroutier, de sa position au cœur du bassin minier.

    Cette fosse avait en effet fonctionné de 1931 à 1971, en période de bataille du charbon et employait en moyenne 1000 mineurs. Dès lors, matériels et documents affluèrent des autres fosses du bassin minier vers la fosse Delloye, au fur et à mesure de leur fermeture.

    C'est en 1982 que fut créée l'association du Centre Historique Minier à l'instigation des Houillères du Bassin du Nord/Pas-de-Calais, avec la participation du Ministère de la Culture, du Conseil Régional du Nord/Pas-de-Calais et du Conseil Général du Nord pour une ouverture au public en 1984.

    Aujourd'hui, le Centre Historique Minier, véritable conservatoire de la mémoire de la mine dans le Nord/Pas-de-Calais, regroupe 7 000 m² de bâtiments industriels et de superstructures sur un site de 8 ha.
    C'est le plus grand musée de la mine en France et le musée de site le plus fréquenté de la région Nord/Pas-de-Calais. Il a déjà accueilli plus de 2 millions de visiteurs.

    Pour lire la suite
    http://www.chm-lewarde.com

     


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  • LES VACHES

     


    pendant les vacances en Dordogne

    en voyant des vaches dans le champ en face de la maison
    je me mis à écrire un petit délire

    un texte pour enfants (de tous âges !) à la recherche d'une musique


    LES VACHES



    Les vaches broutent

    Les vaches proutent
    Dans les prairies
    Elles se font des vacheries

    Allez les vaches 
    Allez les vaches allez
    Meuh meuh meuh meuh
    Meuh meuh meuh meuh

    Sur les chemins
    De nos montagnes
    Dans tous les coins
    Les sentiers de nos campagnes

    Tranquillement
    Elles déposent
    En rigolant
    Des bouses qui indisposent
    Les passants

    Les vaches broutent
    Les vaches proutent
    Dans les prairies
    Elles se font des vacheries

    Allez les vaches 
    Allez les vaches allez
    Meuh meuh meuh meuh
    Meuh meuh meuh meuh

    Elles ruminent
    Loin des starlettes
    N’ont pas la mine
    Ni la taille des majorettes

    Pour la tétée
    Avec fringale
    Et volupté
    Les jolis veaux se régalent
    De leur lait

    Les vaches broutent
    Les vaches proutent
    Dans les prairies
    Elles se font des vacheries

    Allez les vaches 
    Allez les vaches allez
    Meuh meuh meuh meuh
    Meuh meuh meuh meuh

    (pont musical)

    Les vaches paissent
    Dans les herbages
    Souvent elles pissent
    Parfois elles glissent
    Tombent sur leurs fesses
    Leurs mamelles sont des airbags
    … Même pas mal !

    Les vaches broutent
    Les vaches proutent
    Dans les prairies
    Elles se font des vacheries

    Allez les vaches 
    Allez les vaches allez
    Meuh meuh meuh meuh
    Meuh meuh meuh meuh
    ... ... ... ... ... ...

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé (dans l'herbe ! ! !)

     


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    un texte à la recherche d’une musique

     

    MA CHÉRIE NOIRE

     

    Policière de mon cœur

    Tu es ma chérie noire

    Tu viens comme un voleur

    Me surprendre ce soir

     

    Quand tu me sors tes armes

    Tu enlèves tes fringues

    Et tu me fais du charme

    Alors je sors mon flingue

     

    Si parfois tu m’évinces

    Dans ton imper qui flotte

    Je te dis que j’en pince

    Pour tes petites menottes

     

    Je suis sur le qui vive

    Tu me suis tu me traques

    Tu joues les détectives

    Je brandis ma matraque

     

    Policière de mon cœur

    Tu es ma chérie noire

    Tu viens pour ton bonheur

    Virer tes idées noires

     

    Je n’ai pas d’alibi

    Tu te précipites sur moi

    Tu enlèves tes habits

    Tu me fais ton cinéma

     

    Tu me prends en filature

    Je marche sur des œufs

    Alors tu me tortures

    Et je passe aux aveux

     

    (pont musical)

     

    T’as des indicateurs

    Dans notre vie privée

    Dessous ton projecteur

    Je t’attaque à main armée

     

    Policière de mon cœur

    Tu es ma chérie noire

    Tu viens comme un braqueur

    Rentrer dans mon polar

     

    Policière de mon cœur

    Tu es ma chérie noire

    Policière de mon cœur

    Tu es ma chérie noire

     

    Bernard PICHARDIE

    texte déposé


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  •  

    MARINO L


    mon épouse Marino
    écrit, chante
    a sorti un C. D. de 20 titres
    (qu'on peut lui commander)

    a un spectacle de 15 chansons
    " Vies Croisées "


    en cliquant sur la photo
    on arrive sur son Eklablog

    elle s'est inscrite au Vocal Tour
    pour voter pour elle :
    http://www.zicmeup.com/artiste/marinol



     


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    un texte à la recherche d’une musique

     

    LETTRE D’AMOUR
     

     

    Cette lettre d’amour

    Quelques mots doux

    Sur le papier

    Aux alentours

    De mes secrets

     

    Une lettre d’amour

    Un désir fou

    Enrubanné

    Dans le velours

    De mes pensées

     

    Et le facteur

    Mon messager

    Du côté cœur

    Va transporter

    Ce p’tit bonheur

    Pour mon aimée

     

    ( pont musical )

     

    Cette lettre d’amour

    Est je l’avoue

    Un peu timbrée

    J’ai le cœur lourd

    Papier glacé

     

    Une lettre d’amour

    Par un coucou

    Un peu sonné

    Sans le retour

    De son aimée

     

    Car le facteur

    Ce gars charmant

    Au charme fou

    Ira courant

    Vers mon amour

     

    Oui le facteur

    Aux yeux si doux

    Est son amant

    Depuis le jour

    Où j’ai laissé

     

    Depuis le jour

    Où j’ai laissé

    Une lettre d’amour

    Sur le côté

     

    Une lettre d’amour

    Sur le côté

     

    Une lettre d’amour

    Sur le côté


    Bernard PICHARDIE

    texte déposé


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    un texte à la recherche d’une musique

    LE CŒUR SUR LA MAIN

    Elle avait le cœur
    Sur la main
    Moi j’avais ma main
    Sur son cul
    En étudiant son Q.I.

    Elle me proposait
    Ses bêtises de Cambrai
    Quand nous échangions
    Nos fadaises d’Étretat
    Je lui débitais
    Mes envies de Béziers

    Et cette Vénus
    M’a mis l’eau à la bouche
    Avec mon savon
    Je lui frottais les bras
    Près du cumulus
    On jouait sous la douche

    Elle avait le cœur
    Sur la main
    Je posais ma main
    Sur son cou
    Je voulais en tirer un

    J’étais chaud lapin
    Et mon sourire au lièvre
    Ornait de frissons
    La trace de ses vaccins
    Tandis que fusaient
    Mes paroles trop mièvres

    Elle me racontait
    Qu’elle n’avait pas de peau
    En écrasant l’anse
    D’un sac de chez Herpès
    Et moi je suivais
    Monaco contre Lens

    Elle avait le cœur
    Sur la main
    Moi j’avais ma main
    Sur son cul
    En étudiant son Q.I.

    Elle avait le cœur
    Sur la main
    Moi j’avais ma main
    Sur son cou
    Je voulais en tirer un

    (pont musical)

    Mais un jour elle s’est tirée
    Un jour que c’était la nuit
    Avec un garde des sceaux
    Qui l’avait prise d’assaut
    Pendant que j’étais parti
    Tirer sa meilleure amie

    Elle avait le cœur
    Sur la main
    Moi j’avais ma main
    Sur son cul …
    Mais notre histoire est finie

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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    Un texte à la recherche d’une musique

     

    SOUVENIRS D’ENFRANCE


    Des musiques dans la tête
    Mes souvenirs d’enfrance
    Tout près du formica
    Tatoués sur mon cœur
    Qui bat qui bat qui bat
    J'y pense encore


    Mon corps était en fête
    Entre rock et romance
    Les chansons m’enchantaient
    De leurs petits bonheurs
    Collé collé collé
    Au transistor


    Johnny
    Joe Dassin
    Eddy Mitchell
    Christophe
    Barbara
    Jacques Dutronc


    Des airs sur ma planète
    Mes souvenirs d’enfrance
    Dans les feux de mes joies
    De ma vie en couleurs
    Qui va qui va qui va
    Sur mes amours
     


    Ma vie était en fête
    Entre ballade et danse
    Ils me faisaient rêver
    Vibrer avec ardeur
    J’allais j’allais j’allais
    Sans grand discours

     

    Gainsbourg
    Jane Birkin
    Alain Souchon
    Higelin
    Jacques Brel
    William Sheller


    (pont musical)

    Des mélodies parfaites
    Mes souvenirs d’enfrance
    Dans le chaud et le froid
    Des succès des erreurs
    Et moi et moi et moi
    Sur mes repères


    Ma vie était en fête
    Entre rock et romance
    Les tubes me frôlaient
    Pour apaiser mes peurs
    J’aimais j’aimais j’aimais
    Dans leurs lumières

     

    Renaud
    Balavoine
    Nino Ferrer
    Bashung
    Julien Clerc
    Françoise Hardy

    ... ... ... ... ... ... ...


    Bernard PICHARDIE

    texte déposé


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  • LE GRAPHITAGUEUR


    un texte à la recherche d’une musique 

     

    LE GRAPHITAGUEUR


    Je suis un graphitagueur

     

    Je crache mes tags

    Mes graffitis 
    Dans tous les lieux publics

    Je pose mes blagues

    Et mes soucis

    Mes envies érotiques

     

    Je suis un graphitagueur

     

    Je graphitague

    À toute vapeur

    Et sur mes mots

    J’ mets d’ la couleur

     

    Dans les waters

    Des beaux quartiers

    Et sur les murs

    De la cité

     

    Je graphitague

    Et j’improvise

    Sous les vitraux

    Dans les églises

     

    Sur les portières

    Des autobus

    Les sépultures

    Les prospectus

    Je graphitague

    Toutes mes aigreurs

    Dans le métro

    En profondeur

     

    Sur les barrières

    Et les affiches

    Sur les toitures

    Des maisons d’ riches

     

    Je suis un graphitagueur

     

    Je crache mes tags

    Mes graffitis
    Dans tous les lieux publics

    Je pose mes blagues

    Et mes soucis

    Mes envies érotiques

     

    Je suis un graphitagueur

     

    Je graphitague

    Toute la journée

    J’ fais des virgules

    Des pointillés

     

    Qui s’agglutinent 

    Et les injures

    Les plus cracras 

    Sur les tentures


    Je graphitague

    Mes idées noires

    En petites bulles

     Sur les trottoirs

     

    Sur les vitrines

    Les baies vitrées

    Des bars tabac

    Des boutiquiers

     

    Je graphitague

    Quelques sourires

    En majuscules

    Et je respire

     

    Dans les latrines

    L’émanation

    Qui m’apport’ra

    L’inspiration

     

    Je suis un graphitagueur

     

    Je crache mes tags

    Mes graffitis
    Dans tous les lieux publics

    Je pose mes blagues

    Et mes soucis

    Mes envies érotiques

      

    Je suis un graphitagueur


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • un texte à la recherche d’une musique


    LE MIROIR AUX ALOUETTES

    Tout près du miroir
    Aux oiseaux
    J’ai cru entrevoir
    Tes mirettes
    Et puis oui

    Et puis non
    Tu as pris
    Tes chansons
    Pour une autre histoire …
    C’est tout bête

    Tout près du miroir
    Des appeaux
    J’ai cru deviner
    Ton appel
    Disant oui

    Disant non
    Tu as fuis
    Sans raison
    Tu t’es fais la belle …
    Alouette

    Tout près du miroir
    C’est idiot
    J’ai cru retenir
    Tes fossettes
    Je dis oui

    Je dis non
    Mais je crie
    Sous mon front
    À n’en plus finir
    Je regrette

    ( pont musical )

    Tout près du miroir
    Aux alouettes
    J’ai perdu la tête

    Tout près du miroir
    Aux alouettes
    J’ai perdu la tête
    J’ai perdu la tête …
    La tête

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


    le miroir aux alouettes, c’est comme un mirage …

    le miroir aux oiseaux
    c’est à Martigues
    http://www.web-provence.com/villes/martigues-13.htm


    il y a une spécialité provençale
    « Les alouettes sans tête »


     

     


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  • un texte à la recherche d’une musique



    abs Y nthe


    Mon absinthe
    Mon absente
    Je suis maudit
    Sur mes plaintes
    Je me plante
    Le long d’un cri

    Le long d’un cri

    J’ai trop bu
    Ici-bas
    Tout au bord
    De ce bar

    Toi ma liqueur au goût d’offrande
    Et la chaleur qui me dérange
    Quand j’ai le temps de faire la fête
    Ta flamme s’étend sur ma planète
    Tous mes désirs vers toi se tendent
    Et je chavire avec les anges

    Je suis nu
    Je me noie
    Je perds le nord
    Moi l’anar

    Mon absinthe
    Mon absente
    Je suis soumis
    Je m’éreinte
    Dans l’attente
    D’une autre vie

    D’une autre vie

    ( pont musical )

    Mon absinthe
    Mon absente
    Mais je m’enfuis
    Ma contrainte
    Violente
    Dans mon abri

    Dans mon abri

    J’ai vécu
    En fracas
    Mon décor
    Mes écarts

    Mon élixir de jouissance
    Et le sourire de mes nuits blanches
    Quand j’ai du vent dedans ma tête
    Ton or me prend dans ses paillettes
    Mon pauvre cœur en transhumance
    Je bois ma peur et puis je flanche

    Dans l’affût
    Sans la foi
    Dans l’effort
    Le cafard

    Mon absinthe
    Mon absente
    Je suis maudit
    Sur mes plaintes
    Je me plante
    Dans ma folie

    Dans ma folie

    Dans ma folie
    Dans ma folie

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    fin août 2001, tout à coup je me mets à écrire en pensant à quelqu’un 
    je l’imaginais interprétant ce texte
    quelques jours après, j’apprenais sa mort

    à la scène ouverte de la « rentrée » que j’organisais
    j’ai lu ce texte avec ces quelques mots d’introduction :

    " il a posé son chapeau à côté de ses godasses
    mais pas ses pieds
    ses pieds sont restés dans le lit

    il a envoyé ses rides contre le mur
    de la chambre bien trop blanche
    il a mis les mains dans ses poches 
    sous ses yeux fatigués

    puis
    il s’est cassé en mille éclats

    il est maintenant tout là-haut
    tout là-haut avec les autres

    adieu
    adieu Philippe Léotard "


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  • un texte à la recherche d’une musique


    BAMBOUS SOLITAIRES


    Loin de ma rive

    Lumière trop grise

    Où sont passés mes frères

    Bambous solitaires

    Je sens la faille

    Près de leurs corps sans caresse

     

    Et dans ce parc

    Larmes d’asphalte

    Devant leur haleine fétide

    Quand je devine

    L’asphodèle de mes sentiments

    Je me dis que je mens

    Face à tous ces tourments

     

    Loin de mon rêve

    Lueurs trop brèves

    Déchirant l’aurore

    Dans la souffrance de leur cri

    Je m’en éloigne sans bruit

     

    Loin de mon domaine

    Voici des lèvres

    Qui se soulèvent

    Crachant la peur

    Les erreurs

    De ces parterres

    De fleurs de givre

    Qui ont souffert

     

    (pont musical)

     

    Et je m’envole

    Sans gouvernail

    À ton secours

    Près de tes failles

     

    Et de tes hardes

    Couverts de brume

    Dont tu te fardes

    Dans le jour qui s’allume

     

    Plus rien ne m’arrête

    Ni joie ni peine

    Le pouvoir de mes semailles

    Mes ecchymoses

    Sans lendemain

    Te sauvent de la mitraille

     

    Loin de ma rive

    Lumière trop grise

    Où sont passés mes frères

    Bambous solitaires

    Je sens la faille

    Près de leurs corps sans caresse


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • CŒUR ORIGAMI


    ce texte est entre les mains d'un compositeur


    CŒUR ORIGAMI

    Cœur origami
    Habillé de soie
    Tu te déplies
    Devant moi

    Tout contre ma joue
    Tu murmures des mots
    Tout chauds tout doux
    Au repos

    Je lis cette lettre
    Ornée de ta plume
    Qui s’enchevêtre
    Sur ma brume

    Rayon de soleil
    Vibrant de tendresse
    Tu me réveilles
    Me caresses

    Cœur origami
    En habit de toi
    Tu me séduis
    De ta soie

    Depuis ta venue
    Au creux du satin
    Tu me salues
    Dans ma main

    Tu es belle et douce
    Comme une orchidée
    Tu me détrousses
    Tu me plais

    (pont musical)

    Cœur origami
    Il neige sur ma vie
    Des beaux flocons de joie
    Te voici sous mon toit
    Ton retour me ravit

    Cœur origami
    Habillé de soie
    Tu te déplies
    Devant moi

    Cœur origami
    En habit de toi
    Tu me séduis
    De ta soie

    Cœur origami
    Cœur origami
    Cœur origami
    Cœur origami … 

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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    un texte à la recherche d’une musique

    LE GROS MATOU TOUT DOUX

    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux
    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux

    Je suis un gros matou
    Un manitou
    Tout doux tout doux
    Un peu voyou
    Comme un p’tit loup
    Mais pas méchant
    Pour les enfants
    Quand je me frotte
    Contre leurs bottes

    Je fais miaou miaou
    J’ai rendez-vous
    Près de leur cou
    Et de leurs joues
    Sur leurs genoux
    C’est merveilleux
    Je suis heureux
    Quand je les frôle
    Ils trouvent ça drôle

    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux
    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux

    (pont musical)

    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux
    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux

    J’ai aussi des bisous
    Des petitous
    Et de leurs nounous
    Je vous l’avoue
    Ça me rend fou
    J’ai de la joie
    Au creux de leurs bras
    Et je ronronne
    Comme personne

    Je suis un gros matou
    Un manitou
    Tout doux tout doux
    Un peu voyou
    Comme un p’tit loup
    Mais pas méchant
    Pour les enfants
    Je les adore
    Toujours plus fort

    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux
    Je suis un gros matou
    Un gros matou tout doux

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé


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  • un texte à la recherche d’une musique


    ENTRE DEUX RAMES

    Jeudi cinq heures
    Tu graves tes larmes
    Au bord de ton cœur
    Entre deux rames

    Le métro s’est arrêté
    Tout près de tes yeux noyés
    C’est bien ta veine
    La rame est pleine

    Les voyageurs
    Voguent dans le vague
    Ils sont loin ailleurs
    Sans voir les tags

    Une guitare désaccordée
    Se fait douceur pour attendre
    Quelques monnaies
    D’une voix tendre

    En toi tu pleures
    Tu vis son absence
    Et tu cries vengeance
    À l’intérieur

    Le métro t’a isolé
    En dehors de ton passé
    Tu perds la faille
    Des funérailles

    Les voyageurs
    Sur toi se pressent
    Dans cette chaleur
    Qui te caresse

    La guitare a terminé
    Ses accords en filigranes
    Qui ont bercé
    Ta vie en panne

    (pont musical)


    Cinq heures passées
    Tu laisses tes larmes
    Au bord de ton cœur
    Entre deux rames

    Cinq heures passé
    Tu laisses tes larmes
    N’oublie pas ton cœur
    Entre deux rames

    Bernard Pichardie
    texte déposé


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