• HUIT HEURES DU MATIN

    un texte à la recherche d’une musique
    si un compositeur ou une compositrice est intéressé(e)
    pour poser ses notes sur mes mots
    il ou elle peut me contacter

    HUIT HEURES DU MATIN

    Tout près du sucrier
    Un pot de confiture
    Du beurre un peu trop dur
    Et deux sachets de thé

    Rangées sous la serviette
    Quelques tranches de pain
    Une grappe de raisin
    Environnée de miettes

    La cuillère est à l’ombre
    De ce grand bol fumant
    Un peu de lait s’étend
    Sur la nappe trop sombre

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Dans le jour qui s’allonge
    En rubans de soleil
    Une tache de miel
    Est posée sur l’éponge

    Un soupçon de vent frais
    Passant sous la tenture
    Frôle dans un murmure
    La photo d’un bébé

    Dans la douce torpeur
    De la pièce endormie
    S’évade sur un cri
    La vision de l’horreur

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    ( pont musical )

    Il manque un couteau à l’appel
    Dans l’inventaire de la vaisselle

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Et cette main ne bouge plus
    Car l’assassin est revenu

    La pendule sonne
    Huit heures du matin
    Et le chat ronronne
    Le dos contre la main

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé
    Copyright P7523X


    votre commentaire

  • Un texte à la recherche d’une musique


    ENTRE DEUX HEURES


    De l’heure du café crème

    Jusqu’à l’heure de plus rien

    Le temps me paraît blême

    Le temps est peau de chagrin

     

    Je m’habille en douleur

    Sur ce grand quai de gare

    Où je ressens la peur

    D’avoir usé ton départ

     

    De l’heure où je m’embrume

    Jusqu’à l’heure des remords

    Le temps se désemplume

    Le temps ravine mon corps

     

    Je m’invente un sommeil

    Posé sur une chaise

    Entre quelques bouteilles

    Je grignote des fadaises

     

    ( pont musical )

     

    De l’heure du premier brame

    Jusqu’à l’heure des éclats

    Le temps se joue des drames

    Le temps ne s’arrête pas

     

    Je plonge dans mon whisky

    Un bout de démesure

    Je regarde ma vie

    Noyée par mes déchirures

     

    De l’heure du bout du soir

    À l’heure de pas grand-chose

    Le temps me paraît noir

     Le temps est peau de névrose


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6


    votre commentaire
  • CHIEN FOU

    un texte à la recherche d’une musique

     

    CHIEN FOU


    Comme un chien fou
    Dans un jeu de fille

    Je fais le loup
    Je me déshabille
    Devant toi

    Franc du collier
    Je joue le caniche

    Dans la chambrée
    On se fait des niches
    Et j’aboie

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah

    Moi ton loulou
    Je suis de bon poil

    Je saute et joue
    Lance la baballe
    Vers tes mains

    Sur ton divan
    Je me fais les griffes
    Puis je m’étends
    J’attends sur le vif
    Un câlin

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    (pont musical) 

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    Debouts dans la cuisine
    Nous suçons un nonos
    On se lèche les babines
    Environnés de sauce
     

    Comme un chien loup
    Dans un jeu de fille

    Je fais le fou
    Puis je me rhabille
    Devant toi

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 

    Ouah ouahouh
    Ouah ouah 


    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6


    2 commentaires

  • Sur terre, il y a ceux qui laissent des traces (les grains de sable)
    et ceux qui sont et resteront des inconnus (les grains de sel)

    un texte mis en musique
    pour écouter la chanson
    http://chantsongs.eklablog.com/grains-de-sel-ou-de-sable-a131350176 

    GRAINS DE SEL OU DE SABLE

    Les terriens sont comme
    Des grains de sel ou de sable
    Les femmes et les hommes
    Des gens solides ou friables

    Qui laissent des traces
    Sur le chemin de leurs vies

    Tous ceux qui s’effacent
    Dans le ravin de l’oubli

    Les humains qu’on nomme
    Des grains de sel ou de sable
    Les femmes et les hommes
    Assis à la même table

    Qui font table rase
    De tous leurs bonheurs perdus

    Tous ceux qu’on écrase
    Dans leur quartier dans la rue 

    Nous sommes tous comme
    Des grains de sel ou de sable

    Les femmes et les hommes
    Aux vies dissoutes ou durables

     (pont musical)

    Emportés au large
    Montés en haut d’un sommet

    Laissés dans la marge
    Connus pour l’éternité

    Étrange mélange
    De grains de sel

    De grains de sable
    Démons ou archanges

    Des grains de sel ou de sable
    Des grains de sel ou de sable

    Des grains de sel ou de sable
    … … …

    C’est l’humanité

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6


    3 commentaires
  •  

     

    un texte à la recherche d’une musique

    SUR  LE  LIT


    Tu reposes tes yeux

    À l’ombre de tes cils

    D’un regard amoureux

    Vers ton amant docile

     

    Son souffle s’établit

    Tout le long de ta joue

    Mais comme tu faiblis

    Il te remet en joue

     

    Sur le lit

    Tu le chiffonnes

    Sur le lit

    Il te braconne

     

    Son arme est la tendresse

    Et quand il te chevauche

    Entre vous deux se dresse

    Une anguille sous roche

     

    Bien planté sous les draps

    Enrobé de sa ruse

    Cet amour toujours là

    Dans ton corps se diffuse

     

    Sur le lit

    Il t’environne

    Sur le lit

    Tu t’abandonnes

     

    Vibrante de passion

    Si tu croises le fer

    Avec ses émotions

    Tu le sens sur les nerfs

     

    Caressant ta poitrine

    Ardemment il soulève

    Ces belles envies mutines

    Echappées de tes rêves

     

    Sur le lit

    Tu l’emprisonnes

    Sur le lit

    Il t’éperonne

     

    (pont musical)

     

    Sur son membre tendu

    Tu passes et te surpasses

    Dans l’élan attendu

    De ses désirs tenaces

     

    Lentement il dessine

    Sur le grain de ta peau

    La joie toute féline

    D’une fièvre en lambeaux

     

    Sur le lit

    Il se cramponne

    Sur le lit

    Tu le sillonnes



    Bernard  PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6


    2 commentaires
  •  

     CHANTEUR POÈTE


    un texte à la recherche d’une musique

    CHANTEUR POÈTE

    Y a des mots qui desquament
    Ton cœur de ses remords
    Y a des mots que tu brames
    À l’envers du décor

    Tu tires les ficelles
    Le long d’un filigrane
    De mots qui s’amoncellent
    De mots qui se pavanent

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Tu fais la fête
    Près du rideau

    Y a des mots en chaleur
    Lancés du bout des fesses
    Y a des mots pour la peur
    D’un dernier soir d’ivresse

    Tu lances tes éclats
    Scotché contre ton mur
    De mots pour un gala
    De mots pour le futur

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    C’est ta planète
    En fa ré do

    Y a des mots qui s’accrochent
    Aux portes de l’enfer
    Y a des mots que tu coches
    Pour animer tes vers

    Tu te permets la chance
    Avec un coup de pouce
    De mots qui se balancent
    De mots qui se trémoussent

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Chante à tue-tête
    Sous les bravos

    (pont musical)


    Y a des mots en amour
    Joués en cavalcades
    Y a des mots de velours
    Pour une belle aubade

    Tu vogues sur ta vie
    En truffant tes chansons
    De mots pour l’infini
    De mots pour nos frissons

    Chanteur poète
    Avec tes mots
    Sous les paillettes
    T’es le héros

    Bernard PICHARDIE
    Texte déposé


    Copyright 5LV5Q6


    4 commentaires
  •  

    Ce texte n'est plus à la recherche d’une musique

     

    L’ODEUR DE L’ARGENT



    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts


    Banquier véreux
    Argent trop sale
    Voyou crasseux
    Dans un canal


    Tout contre un mur
    D’une prison
    Sur les dessous
    Des grands partis
    Dans les égouts
    De l’amnistie
    Un vide-ordures
    Et des frissons


    Aux U.S.A.
    Argent détresse
    Vers la mafia
    Pour une messe


    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

    Robots manchots
    Argent liquide
    Coulant à flots
    Couleur livide


    (pont musical)


    Dans la marée
    Au Vatican
    Machination
    Machines à sous
    Sous le croupion
    D’oncle Picsou
    Billet froissé
    Cri d’une enfant


    Le superflu
    Argent factice
    La plus-value
    De tous les vices


    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts

     

    Odeur de fric
    Dans un décor
    De quelques briques
    Et plusieurs morts


    Bernard PICHARDIE
    Texte déposé

    Copyright 5LV5Q6

     


    1 commentaire
  •  

     

    un texte à la recherche d'une musique


    AMOUR ET PEAU DE BANANE
     

     

    Amour et peau de bana ane

    Elle est partie avec un âne

    Qui en avait de bien belles

    Qui avait de belles oreilles

    Et aussi de l’oseille

     

    Amour et peau de bana ane

    Tu te retrouves sur le cul

    Car tout au fond d’un bois

    Son corps tu l’as perdu

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah 

     

    Amour et peau de bana ane

    Si loin de son corps de gitane

    Tu fumes comme un pompier

    Au bout du rouleau elle s’est

    Envolée en fumée

     

    Amour et peau de bana ane

    À elle tu penses tout à coup

    Aux coups qu’elle a reçus

    Sur le nez sur les bras

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah

     

    Amour et peau de bana ane

    Pour elle la vie n’est pas si rose

    Elle ressemble à sa mère

    Avec toutes ses ecchymoses

    Fleuries entre deux bières

     

    Amour et peau de bana ane

    T’es triste comme un épagneul

    Tu remues la queue tout seul

    Loin de cette nana

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah 

     

    (pont musical)

     

    Amour et peau de bana ane

    Tu sais que tu la retrouveras

    La semaine prochaine

    Tout plein de cadeaux dans les bras

    Elle redira je t’aime

     

    Amour et peau de bana ane

    Mais cette fois-ci c’est bien fini

    Tu lui présenteras

    Ton nouvel amour… Rémi 

     

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah

    Ouah ouah ouah ouah …

    Ouah ouah


    Bernard  PICHARDIE

    Texte déposé

    Copyright 5LV5Q6

     

     


    2 commentaires
  • DUCASSE


    le premier texte d'un triptyque sur mes origines nordiques


    un texte à la recherche d’une musique


    DUCASSE

    Voici que les frites dépassent
    De leur cornet de ducasse
    Et sur les chevaux de bois
    Quelques rires volent en éclats

    Une guitare électrique
    Se joue d’un air nostalgique
    Sur la vision du passé
    De ce coron tourmenté

    La moustache du garde-barrière
    Raconte ses petites misères
    Et prend avec l’apéro
    Des cartons pour le loto

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    Loin des cheminées d’usines
    Des chevalets de la mine
    Certains rêvent à cœur perdu
    Niant leur vie sans issue

    Des tablées chantent à tue-tête
    Tout près d’un jeu de fléchettes
    Les p’tits oublient le charbon
    Sous les guimauves et les flonflons

    Dans les auto-tamponneuses
    Et les relents de la Gueuze
    Laurette contre son béguin
    Vit sa vie comme un festin

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    ( pont musical )

    Doucement le soir se plisse
    Et l’accordéon se glisse
    Le long des lumières bleues
    D’un bal pour les amoureux

    La fin de la semaine
    On oublie en famille
    La fosse et ses déveines
    Sous les néons qui brillent

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6

    pour découvrir les deux autres textes :
    TERRIL EN LA DEMEURE
    FEMME DE MINEUR
    et une nouvelle :
    LA MINE BUISSONNIÈRE

     

     


    3 commentaires
  • TERRIL EN LA DEMEURE

     

    un texte à la recherche d'une musique

     

    TERRIL EN LA DEMEURE

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Il revient à votre tanière
    Entre la brume et le houblon
    Les yeux trop collés de poussière
    S’entrouvrent devant ton corps rond

    Et quand il s’assied à sa place
    Il a pour tes enfants mignons
    De ces souvenirs de ducasse
    D’école trempés dans l’amidon

    Femme de mineur c’est pas de la tarte
    Pour adoucir toutes tes aigreurs
    Les idées noires tu les écartes
    À la cassonade et au beurre

    Aujourd’hui c’est le jour de fête
    Entre la wassingue et le tison
    Sa quinzaine devant tes mirettes
    Fait s’envoler le coup de bourdon

    Tu prends le pâté d’alouette
    Qu’il rapporte toujours du fond
    Cette tartine dans sa musette
    Fait le délice des polissons

    Il te raconte tous les griefs
    Qu’il a avec le chef-porion
    Un vrai connard qui s’appelle Jef
    Un drôle de salaud un démon

    Femme de mineur c’est pas la joie
    Pour adoucir cette grisaille
    Qui te gangrène bien des fois
    Plusieurs bistoules t’encanaillent

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racines près des chicons

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand t’as les pieds sur le charbon
    En attendant que sonne l’heure
    Du retour du mineur de fond

    Ton homme pense à son copain
    Qui est resté sur le carreau
    Son enterrement est pour demain
    Ils ont congé les galibots

    Il n’a pas eu de veine l’ami
    La mort était sous les gaillettes
    Il n’amuse plus la galerie
    De ses histoires de Cafougnette

    Femme de mineur c’est pas banal
    Pour adoucir toutes tes rancœurs
    Tu t’évades le long du canal
    Rêvant à une histoire de cœur

    En regardant son verre de bière
    Un peu livide devant sa mousse
    Ton mari pense au cimetière
    Et te communique sa frousse

    Avec sa mine de déterré
    Lentement il touche le fond
    Il a du gris dans les pensées
    Et des traces dans ses poumons

    T’as du grisou dans la cervelle
    Et ça ne tourne plus très rond
    En reprisant toutes ses flanelles
    Tu files du mauvais coton

    Femme de mineur tu as la rage
    Du linge bouillant dans le chaudron
    La silicose fait des ravages
    Aux alentours dans les corons

    Y a-t-il terril en la demeure
    Quand tu franchis ton paillasson
    Tu penses loin de ton mineur
    À tes racines près des chicons

    Bernard PICHARDIE
    texte déposé

    Copyright 5LV5Q6



    j’ai vécu jusqu’à 21 ans dans le Pas-de-Calais, à Sallaumines, à côté de Lens… 
    j’ai essayé d’imaginer la vie d’une famille à une époque que je n’ai pas connue

    ducasse : fête foraine 
    wassingue : serpillière
    chef-porion : responsable dans la fosse, sous les ordres de l’ingénieur
    bistoule : gnole ou rhum mis dans la tasse de café
    chicon : endive
    carreau : partie de la fosse qui se trouve en surface au jour
    galibot : jeune garçon employé dans les mines
    gaillette : bloc de charbon


    pour la suite :
    http://chantsongs2.eklablog.com/femme-de-mineur-a124778894


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires